Comme dans le secteur de l’agriculture, des terrains industriels, détenus par des entreprises publiques connectées aux réseaux gaz et électricité, télécommunications et réseaux de transport proches des grands centres de consommation, sont en friche, occasionnant des pertes financières importantes à l’Etat.

Par Khaled Remouche
Le ministre de l’Industrie Ahmed Zeghdar a récemment annoncé la récupération des terrains inexploités des entreprises publiques. Une information relayée par l’APS. Il s’agit d’une mesure positive attendue depuis fort longtemps par les opérateurs économiques. Il faut savoir que les sociétés détenues par l’Etat occupent un foncier très important. Le cas de la zone industrielle de Rouiba est édifiant. Des centaines d’hectares détenus par des entreprises publiques, telles que la SNVI, sont en jachère, c’est-à-dire inexploitées depuis des décennies.
Cette situation prive des industriels d’investir et de créer des emplois et de la richesse. Nombre d’autres zones industrielles réparties à travers le territoire connaissent le même phénomène. Revenons à la zone industrielle de Rouiba, qui est bien connectée aux réseaux ferroviaires et des routes à grande circulation, peu éloignées du port d’Alger et situées au sein d’un grand centre de consommation, qui est l’Algérois. Si l’Etat joue son rôle de promotion de l’investissement qui vient en substitution aux importations, il est clair que nombre d’investisseurs seraient incités à investir dans cette zone et donc à réaliser des installations industrielles, dont la plus-value pour l’économie nationale est, non seulement, la création d’emplois mais également la réduction de la facture des importations. Même topo pour les zones industrielles d’Oran, de Constantine, de Sétif, de Constantine et d’Annaba. Si ce foncier industriel avait été libéré dans les années 1990 ou 2000, combien d’unités industrielles auraient été réalisées et combien d’emplois auraient été créés ! Des milliers d’emplois certainement avec en sus la fabrication de produits qui sont actuellement importés et des recettes fiscales et parafiscales non négligeables. L’Algérie a donc, durant des décennies, perdu d’importantes recettes fiscales. Ces pertes financières s’ajoutent à celles engendrées par l’inexploitation par des opérateurs privés de terrains industriels attribués par l’Etat. Avec l’investiture du chef de l’Etat, les opérations de récupération des terres inexploitées par le privé dans les zones industrielles et les zones d’activités se sont intensifiées. L’Etat n’a donc pas attribué des terrains à des professionnels dans de nombreux cas. Il y a eu même détournement de ces terrains pour des projets de bains maures, de salles des fêtes, de cafés restaurants, de showrooms… Quel aurait été le gain pour l’économie nationale si on avait attribué ces terrains à de vrais industriels et de vrais investisseurs dans la production de biens industriels ?
Le paradoxe est, qu’au moment où des industriels étaient en quête de terrains, les portes de l’administration foncière leur étaient fermées les obligeant à acquérir des terrains sur le marché à des prix prohibitifs. A noter que le ministre de l’Industrie a indiqué, en janvier dernier, que sur 14 600 terrains industriels attribués par l’Etat, 1 000 assiettes ont été récupérées.
Mais le contexte, aujourd’hui, est tout autre. Selon un banquier, nombre d’entreprises sont réticentes à investir en raison d’un problème de confiance à l’égard des institutions du pays. De plus, affirme-t-il, la conjoncture n’est pas favorable à l’investissement.
En effet, nombre d’entreprises publiques et privées sont confrontées à des difficultés financières sérieuses qui les empêchent d’investir. L’Etat est donc interpellé pour restaurer avant tout la confiance, concéder les terrains sous forme de concession à des prix raisonnables à des vrais industriels ou des opérateurs connus pour leur probité et leur sens du management. <