Trois départements et non des moindres au sein du ministère de l’Agriculture et du Développement rural vont changer de main après la décision du ministère de mettre fin aux fonctions de la Directrice du foncier agricole, du Directeur général de l’Office national interprofessionnel du lait (Onil) et du Directeur de l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes (Odas) mercredi dernier.
Selon des sources concordantes, ce changement était prévisible «eu égard aux faibles résultats par rapport aux objectifs escomptés dans ces trois secteurs». Autrement dit, ces trois départements «n’ont pas été assez réactifs ni efficaces sur le terrain». Concernant l’Onil, les récurrentes perturbations dans la production du lait pasteurisé en sachet (LPS) ont fini par faire comprendre au ministère de l’Agriculture le besoin imminent de la mise en place d’une nouvelle stratégie de fonctionnement, voire même d’une restructuration profonde, dès lors où l’Etat consacre un budget conséquent pour l’importation de poudre de lait en quantité appréciable, mais en contrepartie, la tension sur le lait persiste, du coup un changement à la tête de cet office s’imposait. A propos du foncier agricole, là encore, aucune avancée n’a été enregistrée en dépit d’une batterie de mesures prises par le même ministère, afin de faciliter l’accès au foncier agricole aux investisseurs. Et cela au moment où ces derniers sont porteurs de projet des plus intéressants. Toujours dans ce même sillage, si, du côté du ministère de l’Agriculture on n’a cessé de marteler, ces derniers mois, que l’exploitation de terres agricoles en friche sous forme de concession est désormais possible aux investisseurs locaux et étrangers, sur le terrain, cela n’a guère été suivi par l’effet de lenteur dans la procédure au point où certains investisseurs ont vite fait de renoncer à leur projet. «Il fallait donc, pour accélérer la procédure en question, installer un nouveau responsable à la tête de ce département stratégique avec pour mission principale d’en finir avec cette lenteur.»
En somme, faciliter la démarche aux investisseurs pour l’obtention d’un acte de concession agricole. Pour ce faire, il devenait nécessaire d’installer un nouveau responsable à même de lever toutes les barrières pour accéder aux fonctions agricoles, explique à Reporters un cadre du ministère de l’Agriculture qui a tenu à garder l’anonymat. Non sans lâcher : «L’enjeu de notre sécurité alimentaire impose des mesures qui vont dans le sens d’encourager l’investissement dans l’agriculture extensive et non pas de freiner l’engouement des investisseurs.»
Quant au changement opéré au niveau de l’Odas, notre source estime que «le bilan depuis sa création, en 2020, a révélé quelques anachronismes qu’il fallait rectifier afin que l’agriculture saharienne devienne une réalité sur le terrain». Première décision dans ce sens, «en finir avec les directives conjoncturelles et passer vers la mise en place pérenne d’un schéma directeur qui ne souffre d’aucune ambigüité, seule à même de réaliser une grande avancée dans l’émergence d’une culture céréalière dans le Grand-Sud du pays. C’est d’autant plus à notre portée que les facteurs pour y parvenir sont disponibles. Pour ce qui concerne l’agriculture intensive et extensive, ce n’est que dans le Grand-Sud que cela peut se faire, pour peu que l’Odas soit à la hauteur des objectifs tracés.»
Et de conclure : «Le changement de responsable à la tête de cet office était tout indiqué.»
Interpellé par Reporters sur la question du changement à la tête des trois secteurs suscités, un autre cadre du ministère, qui a tenu à garder l’anonymat également, estime que «ces fins de missions étaient rendues nécessaires pour assurer une véritable relance dans ces trois départements stratégiques» Et de confier enfin : «Il s’agit donc de mener à terme l’essentiel de la feuille de route que s’est tracé le ministère de l’Agriculture et, si nécessaire, d’injecter de nouvelles compétences.»