Organisée durant la période des vacances d’hiver, la Foire de la production nationale attire du monde, mais pas pour tous les stands. Les nombreux visiteurs qu’on a vu affluer dans la journée de mardi étaient plus intéressés par les articles au détail – nourritures, habits et produits artisanaux- que par les exposants industriels, à l’exception de ceux spécialisés dans l’électroménager dont les différents stands étaient de véritables lieux d’attraction.

Par Fazil Asmar et Leïla Zaimi
« Je préfère acheter les produits nationaux, faits ici par les Algériens parce qu’ils sont bien faits et ne sont pas trop chers », nous dira une ménagère. Au classement des stands les plus fréquentés, ceux du pavillon central n’ont pas drainé grand monde si ce n’est des professionnels, des associatifs et des familiers du monde de la PME/PMI algérienne. Durant cette journée du mardi beaucoup faisaient grise mine sauf les fabricants de sacs en papier. Ceux-là se détachent du lot des producteurs rencontrés par leur conviction qu’ils interviennent sur « un marché assuré qui consiste à faire de l’ombre aux sachets en plastique ». Selon ces représentants rencontrés, il y a « une nouvelle tendance qui permet de croire que le sachet noir en plastique ne sera pas le seul à être utilisé. Les boulangers, entre autres, ont compris qu’ils ont tout intérêt à se mettre aux sacs en papier. «Le nombre de boulangeries qui sont devenus nos clients a sensiblement augmenté ces derniers mois. Grâce à cela, nous réalisons de bons chiffres d’affaires», nous a confié un opérateur du secteur.
La surface d’exposition qui n’a pas désempli est le pavillon Saoura, transformé pour la circonstance en grand marché de fin d’année et lieu des « bonnes occasions », nous dira un autre ménagère, décidément nombreuses à s’être rendues à la Safex des Pins-Maritimes. Cette partie de la Safex est occupée, en fait, plus par des artisans qui fabriquent eux-mêmes leurs produits, friandises, biscuiteries, miel, dattes, huile d’olive, fromagerie… Un lieu où les surfaces d’exposition sont des lieux de vente directe, au bonheur des commerçants qui les tiennent. On y pratique sur des produits de large consommation des remises de 10 à 30%. Rares sont les visiteurs qui passent dans ce pavillon et en ressortent les mains vides. Bémol, l’artisanat d’expression artistique ne semble pas profiter de cet engouement. Les prix affichés des tapis, des pièces en céramique, de poterie, des bijoux et autres, étant trop chers, les clients se limitent à admirer ces œuvres ou bien n’acquérir que de petits bibelots. «En dehors des foires et des salons d’exposition, nous réalisons de meilleures ventes et ce, grâce à des clients qui nous sont fidèles», rassurent certains. Mais des exposants rencontrés se sont plaints du manque de vente et parlent d’une filière « déprimée ». « On travaille pour survivre, l’Etat doit soutenir les artisans et avoir des espaces d’exposition plus fréquents », dira un professionnel de la poterie. Hamid Khadoum, exposant, ajoute : « Nous demandons des espaces où exposer et vendre nos produits. La location des espaces à la Grande-Poste est extrêmement chère et personne n’y va d’ailleurs. Un simple artisan ne peut pas se le permettre. Il faut encourager les gens du métier, la poterie authentiquement algérienne est menacée de disparition parce qu’elle ne fait pas vivre », poursuivra-t-il.
Autre pavillon fréquenté, surtout par de jeunes gens, le Gourara. C’est là où des automobiles et de scooters sont exposés avec un succès manifeste pour ce type de véhicules moins cher. On en voit de toutes les formes et de toutes les couleurs. Les scooteurs, toutefois, exposés ou mis en vente, ne sont pas dotés de moteurs trop puissants. C’est voulu, selon les professionnels. «Nos jeunes ne maîtrisent pas encore l’utilisation des scooteurs. C’est ce qui explique le nombre important d’accidents. Nous mettons sur le marché des scooteurs que tout le monde peut utiliser par souci de sécurité», explique un responsable du stand.