La Foire de la production nationale a ouvert ses portes jeudi dernier. A l’inauguration officielle de ce qui semble être le dernier grand évènement économico-commercial de l’année 2018, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et des ministres de son gouvernement dont ceux concernés directement par l’évènement, à l’exemple du responsable du commerce, Saïd Djellab, de l’Industrie, Youcef Yousfi, et des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel.

D’autres représentants de départements ministériels, apparemment pas concernés directement par cette grande exposition à caractère économique et commercial, étaient également présents à l’inauguration, comme le ministre de la Santé, Nouria Benghebrit, de l’Education nationale, et Djamel Kaouane, de la Communication. A la coupure du ruban inaugural, il y avait également le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, et le numéro 1 du Forum des chefs d’Entreprise (FCE) qui vient d’être réélu récemment pour un deuxième mandat à la tête de cette importante association patronale ainsi que plusieurs ambassadeurs de pays amis et partenaires de l’Algérie dans les différents domaines de coopération. On n’a cependant pas remarqué la présence du secrétaire général de la centrale syndicale UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd.
Cette Foire de la production nationale, qui gardera ses portes ouvertes au public jusqu’au 26 décembre, s’inscrit cette année sous un double signe : valoriser le produit «made in Algeria» et soutenir les entreprises nationales, publiques et privées, les plus performantes dans leur effort à l’export : un objectif qui, comme on le sait, a pratiquement dominé le débat sur les PME algériennes depuis le début de l’année qui s’achève et qui s’est accentué à l’occasion de la multiplication des opérations «foires et salons» organisées tout récemment dans plusieurs pays étrangers, en Afrique principalement.
430 exposants dont seize représentants d’unités appartenant au secteur de la défense et de l’industrie à caractère militaire sont ainsi de la partie jusqu’à mercredi prochain sous le signe «Réussir les exportations pour une croissance économique durable». Un slogan qui semble être significatif de l’orientation que prend le gouvernement en matière de politique industrielle : «Produire bien pour exporter », résumera un exposant d’une grande entreprise privée.
Les entreprises algériennes ont gagné en qualité de produits et de services. «Je laisse aux Algériens le soin de constater cette avancée», a indiqué le Premier ministre Ouyahia au cours de sa visite entre 15 h et 17 h 30. Pour le numéro 1 du gouvernement, les PME et PMI publiques et privées, si elles ont encore des marges à gagner en termes de qualité, parviennent aujourd’hui à placer sur le marché domestique «des produits de qualité supérieure». Outre cela, il a ajouté, «elles ont intégré l’option de l’exportation» qui «figure aujourd’hui dans la culture de l’entrepreneur algérien aussi bien public que privé». «C’est ainsi que l’économie nationale va se développer», a-t-il poursuivi dans un discours résolument optimiste en dépit des difficultés du pays à diversifier son outil industriel afin de sortir de sa dépendance de la rente des hydrocarbures.
Hommage
à l’armée
A ce propos, et suite à l’annonce par la Banque extérieure d’Algérie (BEA), bras armé du commerce extérieur, d’ouvrir des représentations en France – une première –, Ahmed Ouyahia a appelé les établissements bancaires et financiers à accompagner le processus de déploiement en cours des entreprises algériennes vers l’offshore et les marchés extérieurs où elles sont susceptibles de défendre leurs produits.
En ce qui concerne les exposants du secteur de la défense, le Premier ministre a glissé deux messages : l’un économique relatif à la contribution importante de l’Armée algérienne dans la mise en place d’un réseau industriel à valeur économique pour le pays, l’autre, politique, à travers lequel il a rappelé combien l’industrie militaire algérienne encore naissante a contribué, il y a une vingtaine d’années, à la lutte antiterroriste durant la décennie 1990. A son passage devant l’unité militaire de fabrication des fusils d’assaut Kalachnikov, il a souligné : «Je profite de la présence des médias pour saluer les efforts de cette entreprise. Lorsque nous combattions le terrorisme, nous n’avons trouvé personne pour nous vendre un fusil de chasse.
C’est grâce à l’unique usine de Khenchela que nous avons pu répondre à l’urgence en termes d’armes légères et de munitions.» Avant d’ajouter : «Autrement, nous serions dans des difficultés actuellement.» Une déclaration politique qui vaut un rappel historique et d’un hommage renouvelé à l’ANP, a-t-on cru comprendre. n