Feux, Nirane, Thimest, Fire (FNTF), des mots de langues différentes, ayant le même sens, et qui seront éternellement liés à ce qui s’est passé, il y a juste quelques semaines, en Algérie. Un mois déjà depuis les incendies qui avaient ravagé plusieurs régions et dont les dégâts restent toujours visibles. Un mois déjà depuis la disparition de plusieurs dizaines de personnes, de la faune et de la flore surtout en Kabylie. Près d’un mois déjà depuis l’assassinat de l’artiste Djamel Bensmail, qui avait ébranlé l’Algérie et dont les contours restent encore flous. Près d’un mois déjà depuis le début d’un mouvement virtuel hystérique qui a fait ébranler la société avec les attaques racistes et régionalistes lues et vues par-ci, par-là.
C’est aussi un mois déjà depuis le déclenchement d’un formidable élan citoyen, qui a lancé une incroyable opération de solidarité ayant réuni tous les Algériens, de toutes les régions. Ce qui s’était déroulé dans ce mouvement d’union nationale s’est transformé, et malgré toutes les vicissitudes, en une référence historique. Un socle sur lequel devrait être bâti l’avenir, proche et lointain, de l’Algérie. La communion déclenchée, et créée, suite à ces incendies, est une occasion inédite pour relancer tous les espoirs, même les plus inimaginables. Les Feux, Nirane, Thimest, Fire ne devront pas et ne peuvent être de simples souvenirs. Trop de choses profondes ont été soulevées pour que l’Algérie puisse se permettre seulement de tourner la page. Le souffle a été trop fort pour en minimiser l’effet et oser y penser en tant que souvenirs.
L’élan de solidarité qui s’était enclenché est venu montrer que l’Etat était avant tout le peuple. Le système, l’administration, les «élus», le gouvernement et tout ce qui est présenté comme officiel ont brillé par leur absence dans la (ré)action. L’Etat n’est rien sans les citoyens.
Reste donc à concrétiser ce souffle, à le perpétuer. Dépasser la survie et les lamentations, en lançant un moteur d’actions citoyennes. Non, ce n’est pas un rêve.