Comme annoncé dans nos colonnes, la réunion du comité central du FLN, prévue courant décembre, vient d’être reportée au 19 mars 2018. Déjà reportée une première fois pour cause de préparation des élections locales, la réunion du comité central s’annonçait comme un périlleux exercice pour le secrétaire général du vieux parti,

 

critiqué par ses adversaires pour ses déclarations controversées, mais également pour le recul du parti, face à son frère-ennemi le RND, dans les résultats aux scrutins. Une situation qui inquiète grandement les cadres du parti, dans la mesure où la perspective de la présidentielle de 2019 se rapproche de plus en plus.
Profitant de l’installation du nouveau P/APC d’Alger-centre, Abdelhakim Bettache, qui vient de rallier le FLN avec sa liste indépendante « la Perle d’Alger », M. Ould Abbès a affirmé que le choix de la date du 19 mars était symbolique, puisqu’elle coïncide avec la Fête de la victoire. Le parti, qui avait perdu beaucoup de terrain face à son principal adversaire, le RND, lors des législatives, n’a pas fait mieux lors des locales et l’écart entre les deux formations se resserre davantage, même si le FLN demeure en tête et même s’il a réussi une spectaculaire remontée aux APW, où il a contracté des alliances, y compris contre-nature, pour barrer la route au RND. Mais cela reste insuffisant aux yeux des adversaires de Djamal Ould Abbès.
Ces derniers avaient, pourtant, enterré la hache de guerre le temps d’une campagne électorale qui a vu, surtout, la réapparition de « dinosaures » venus apporter main forte à une campagne qui battait de l’aile. Pour bon nombre d’observateurs, le retour sur scène des Belkhadem, Sâadani et autres Belayat durant la campagne électorale est un signe qui ne trompe pas, les jours du secrétaire général du FLN seraient comptés. D’ailleurs, Abderrahmane Belayat persiste et signe : « Ould Abbès ne restera pas à la tête du parti jusqu’au 19 mars prochain. »
Même si Belkhadem a été exclu et interdit de toute responsabilité par un décret unique en son genre, l’histoire du FLN nous a appris à ne jamais cracher sur l’avenir, d’autant plus que la politique est l’art du possible. Le parti, qui est le baromètre des tendances lourdes au sommet de l’Etat, se retrouve, donc, dans une nouvelle zone de turbulences, alors que la bataille pour la présidentielle de 2019 ne devrait pas tarder à être enclenchée. La réapparition publique de deux ex-Premiers ministres, membres du FLN, lors du scrutin local du 23 novembre dernier, n’a pas fini d’alimenter les discussions de salon. En effet, on parle d’un retour imminent de Abdelmalek Sellal. Pour quelle mission ? Rien n’a filtré pour le moment. En revanche, la sortie de Abdelmadjid Tebboune, la première depuis son limogeage, avait de quoi susciter toutes sortes d’interrogations, lui, qui avait tenu à réaffirmer son soutien au président de la République. N’empêche, le sort du FLN a toujours été dépendant des décisions d’en haut, y compris en ce qui concerne la désignation ou la révocation des secrétaires généraux. Djamal Ould Abbès, dont les propos ont suscité la controverse, se montre, pourtant, optimiste et défie ses adversaires en leur rappelant que son mandat courait jusqu’en 2022. En décidant de reporter la session du comité central, il s’offre un sursis dans l’espoir de pouvoir renverser la vapeur, notamment à travers les Mouhafed qui lui seraient acquis, mais également en tentant de deviner ce qui va se décider en haut pour ce qui concerne la présidentielle de 2019. Quoi qu’il en soit, la réunion du comité central et, surtout, le sort de Djamel Ould Abbès, devraient clarifier un peu plus les tendances de ce que devrait être le plan de bataille du pouvoir pour le rendez-vous de 2019.