Le secrétaire général du FLN s’est livré hier à une véritable démonstration de force en invoquant la place centrale de sa formation dans le champ politique national. Réunissant les élus des communes et des wilayas de son parti, Djamel Ould Abbès a affirmé que le FLN continue de séduire un grand nombre d’élus issus d’autres courants politiques, preuve de sa force et de sa crédibilité, a-t-il dit.

Des élus de cinquante-cinq communes ont préféré quitter leurs partis d’origine pour rejoindre le « front», s’est réjoui M. Ould Abbès faisant observer que le FLN est aujourd’hui le « premier parti politique » en Algérie, une pique à ses adversaires, ont cru savoir les observateurs présents au point de presse qu’il a tenu en marge de la rencontre. Notre formation « protège l’économie du pays », a encore dit le secrétaire général du FLN, allusion cette fois à la polémique récente soulevée par les « 1 000 milliards » de dollars dépensés par l’Etat depuis que Abdelaziz Bouteflilka est à la tête du pays. « Tout ce qui a été réalisé durant les 20 dernières années l’a été à bon escient », a déclaré M. Ould Abbès, sans doute pour répondre aux partis de l’opposition qui se sont interrogés sur le sort réservé à ces milliards tirés pendant quinze ans des revenus pétroliers. Dans ce contexte, le secrétaire général du FLN a évoqué les transferts sociaux qui restent très couteux et sont encore en hausse cette année à la faveur de la loi de finances 208 alors que le temps est à la crise, a-t-il fait rappeler. Des pays développés et mieux pourvus économiquement consacrent environ 3% de leurs budgets aux subventions et transferts sociaux, alors que l’Algérie est à 13%, a-t-il fait observer. Dans ses réponses à la question « où est passé tout cet argent », M. Ould Abbès a tenu à rappeler que l’Etat algérien a mobilisé des montants colossaux pour faire face aux catastrophes majeures que le pays a connues comme ceux d’Aïn Temouchent en 1999 et de Boumerdès en 2003 sans compter les inondations catastrophiques à Tamanrasset et Ghardaïa en 2008. Après le tremblement de terre qui a frappé Boumerdès et sa région, l’Etat a construit et distribué 4000 chalets tandis que pour le déluge de Ghardaïa, il a bâti 2 000 chalets dans une période courte de six mois, a-t-il ajouté. Pour ceux qui se posent encore la question, « voilà ou sont allés les 1 000 milliards en sus de ce qui été fait dans les domaines de la santé et de l’enseignement supérieur ». Dans la foulée, Djamel Ould Abbès a demandé aux élus FLN de procéder «dans un délai de 15 jours » à la mise en place de « comités » dans chaque wilaya pour « recenser tous les projets réalisés durant les 20 dernières années». Il a également demandé à ces élus d’« ouvrir des bureaux pour être à l’écoute des préoccupations des citoyens. S’il n’est pas possible de les ouvrir au sein des APC, ouvrez-les au niveau des kasmates », a-t-il préconisé. C’est d’autant plus important que cela permettra le maintien de « la paix sociale », a poursuivi le secrétaire général du FLN. Djamel Ould Abbès a, enfin, mis l’accent sur les quelque 250 milliards de dinars consacrés par l’Etat en faveur des projets inscrits dans le cadre des plans communaux de développement (PCD) pour l’exercice 2018. A ce titre, il a invité les élus FLN à assurer un « bon ciblage » des projets devant être concrétisés.
Enfin, dans une déclaration à l’issue de cette rencontre, M. Ould Abbes a une nouvelle fois exprimé « la satisfaction de son parti quant à la décision du président Bouteflika de soumettre, à son approbation préalable, l’ouverture du capital des entreprises publiques économiques dans le cadre du partenariat sociétaire, affirmant que sa formation politique « soutient les décisions du président de la République, président du FLN et œuvre à leur application, car le parti « a une confiance totale en le président de la République».
« Le secteur public stratégique est un acquis pour le peuple, qui ne sera pas abandonné », a-t-il encore soutenu.