« Nous portons à l’attention du président de la République, président du parti, que seule une commission désignée par lui et sous son contrôle peut nous satisfaire. »

C’est ainsi qu’a réagi, hier, Abderahmane Belayat, coordonateur du mouvement de redressement du Front de libération nationale (FLN), à l’installation, jeudi dernier , d’une commission restreinte par le secrétaire général du parti Djamel Ould Abbès devant examiner les dossiers de candidature aux législatives du 4 mai prochain.
Et pour cause, « nous ne connaissons pas du tout la composante de cette commission restreinte. Nous avons d’ailleurs été informés par voie de presse ! », argue-t-il. Avant de spéculer sur ses membres.
« S’ils appartiennent au comité central et au bureau politique, nous exprimons des réserves.» Belayat explique ne pas accepter cette politique du fait accompli et refuser toute passivité quant au traitement des dossiers de candidature à la députation.
« Nous avons adressé une lettre solennelle au président de la République dans laquelle nous l’interpellons et nous souhaitons son intervention.
Nous disons au président de la République que nous avons des candidats dans toutes les mouhafadas qui remplissent les conditions d’éligibilité en plus du fait que, eux, ce sont les vrais défenseurs du parti », a-t-il insisté.
Il expliquera à ce propos que « ni le comité central ni le bureau politique ne sont actuellement indemnes de reproches» d’autant qu’« il y a de véritables réserves tant sur la composante de l’actuel comité central que sur celle du bureau politique », et ce, à cause de « la façon dont ils sont arrivés pour diriger le parti ». « L’actuel comité central n’est pas celui qui a été communiqué au ministère de l’Intérieur à l’issue du dixième congrès », note-t-il. Avant de préciser que c’est un autre comité central de fait ». S’agissant du bureau politique, Belayat fait observer que « c’est Ould Abbès lui-même et un membre du bureau politique responsable de la communication, Hocine Khaldoun, qui ont fait des reproches sur leur probité ».
Aux yeux du coordonateur du mouvement de redressement, tant les membres du CC que ceux du BP « ne sont pas habilités à trancher les dossiers de candidature à la députation », car Ould Abbès « a essayé de suppléer à ces défaillances en créant une commission en espérant qu’elle ne soit pas frappée des mêmes infirmités », a lancé Belayat avant de soutenir : « Nous avons la même vigilance avec cette commission restreinte que celle qui vient de rendre ses conclusions sur les 6 200 dossiers de candidature ».
Cette situation de suspicion demeurera en outre jusqu’à début mars, où la direction et la commission restreinte du FLN tranchera définitivement les dossiers de candidature à la députation.