Le traitement des dossiers de candidatures sur les listes du Front de libération nationale (FLN) aux législatives du 4 mai prochain suscite des inquiétudes chez la contestation du parti, réuni dans le mouvement dit de «redressement».

Abderahmane Belayat, le coordinateur de ce mouvement de redressement, a annoncé, hier, avoir sollicité le président de la République, en sa qualité de président d’honneur du parti, pour remettre de l’ordre dans le choix des candidatures FLN pour la députation. «Nous avons porté des candidats pour les prochaines législatives dans plusieurs wilayas et nous avons déposé nos dossiers auprès de la direction du parti», a-t-il indiqué dans une déclaration à Reporters. Avant de préciser : «Nos candidats sont des militants sincères qui remplissent les conditions d’éligibilité. Ils ont l’exigence de probité et les capacités pour représenter le peuple dans la future Assemblée nationale.» «Et si nos candidats ne sont pas acceptés par la direction du FLN, nous nous adresserons au président du parti, président de la République», a-t-il averti sur un grave.
Mais d’ores et déjà, l’équipe d’Abderahmane Belayat a déjà pris les devants s’agissant de l’étude des dossiers de candidatures par la commission installée avant-hier par Djamel Ould Abbès, lors d’une rencontre à l’hôtel Moncada de Ben Aknoun. «Nous avons déjà saisi le président de la République pour désigner une commission qui va se prononcer sur les candidatures à accepter et à rejeter ainsi que sur leur classement sur les listes électorales», a révélé Belayat. Avant de noter : «Nous attendons la réponse du président de la République par rapport à cette sollicitation.» Belayat ne manquera pas d’exprimer à ce propos une réaction de défiance vis-à-vis de la commission installée par Ould Abbès au regard de sa composante. «Nous ne sommes pas rassurés par rapport à cette commission, car nous n’avons pas confiance en un bureau politique décrié par Ould Abbès lui-même, par Hocine Khaldoun, l’ancien responsable de la communication, qui a utilisé des mots très durs pour qualifier le bureau politique et le comité central», a-t-il noté.
Tout en soutenant que «cette commission est interne à Ould Abbès et n’est pas habilitée à prendre une décision définitive sur la validation des candidatures». «Même les militants sincères qui ont déposé leur candidature en notre nom n’ont pas confiance», a-t-il enchaîné. Aussi, et dans la missive adressée au président de la République, Belayat lui a demandé de rappeler à l’ordre Ould Abbès : «Le président a appelé à unifier les rangs alors qu’Ould Abbès, jusqu’au jour d’aujourd’hui, n’a pas unifié les rangs. Et c’est dans cette optique que nous avons demandé au président de la République de créer une commission qui statuera en dernier ressort sur les candidatures.»
Avant de préciser : «Nous avons demandé au président de la République de nous intégrer dans cette commission pour avoir notre mot à dire sur les dossiers de candidature.»
Sachant que c’est en mars prochain que la commission installée par Ould Abbès avant-hier statuera sur les dossiers de candidature, l’on se demande si cette dernière traitera les dossiers en fonction des critères énoncés par la direction du parti. Car c’est sur le traitement des dossiers que l’on sera mieux renseigné sur le processus d’unification des rangs du parti qu’Ould Abbès ambitionne de réaliser, a-t-il conclu.