Il faut être un familier des arcanes du FLN pour se rappeler que son nouveau patron est un militant de longue date au parti. Abou El Fadl Baadji, qui été plébiscité comme nouveau secrétaire général par le comité central du parti, en session extraordinaire samedi dernier dans la soirée, n’est pas connu, en effet, du grand public.

Son profil discret tranche avec ceux de ses prédécesseurs qui, outre le fait d’être connus comme des dinosaures du champ politique national, avaient tous la particularité de susciter la polémique dans les rangs du parti mais à l’extérieur également.
La remarque qui vaut aussi bien pour Abderrahmane Belayat que pour Abdelaziz Belkhadem, en passant par Amar Saidani, Djamel Ould Abbès, Mouad Bouchareb puis, par Mohamed Djemai, avant l’intérimaire Ali Seddiki, concerne en définitive la longue séquence de crise que connaît le FLN. Vingt ans d’histoire au cours desquels l’ex-parti unique algérien a été au cœur de biens des batailles de leadership, de querelles d’arrière-cour et de scandales en tous genres, dont le marqueur le plus récent est l’incarcération de Ould Abbès et Djemai pour corruption et autres délits qui, s’ils sont confirmés par la justice, feraient rougir de honte les pères fondateurs.
C’est dire à quel point le nouveau patron hérite d’une situation politique désastreuse et d’un dispositif organique dont on ne sait plus à quoi il ressemble, la base du FLN étant depuis longtemps laminée par les passe-droits et les jeux de coulisses à des fins de pouvoir.
En attendant de voir quelles actions il entreprendra dans le contexte actuel, il y a lieu de constater que le nouveau secrétaire général bénéficie d’un consensus à la fois surprenant pour quelqu’un qui n’a jamais été un ténor du « Front » et significatif du débat interne au parti qui s’est conclu par la désignation d’un cadre, dont la discrétion et le sens de la discipline bureaucratique semblent avoir été son grand atout pour l’instant. M. Baadji a été, en effet, élu par la majorité des membres du Comité central du parti. Ce qui devrait lui permettre de préparer le prochain congrès dans de meilleures conditions. Une résolution politique a été adoptée sur le report, à une date ultérieure, de ce rendez-vous, 11e du nom, initialement prévu en avril dernier.
Outre M. Baadji, quatre autres candidats étaient en lice pour le poste de secrétaire général, Bachir Charar, Mohamed Salah Selougha, Djamel Benhamouda et Mustapha Kihilièche. A l’issue de la session extraordinaire du Comité central, le nouveau secrétaire général a déclaré qu’il a été plébiscité au poste de secrétaire général par « la majorité des membres présents (à l’exception de 11 voix) et que sa mission est la « refondation du Parti qui doit jouer son rôle » sur la scène politique. n