La situation de flou perdure chez le parti du Front de libération nationale (FLN). La démission, suivie de la volte-face de son secrétaire général Djamel Ould Abbès, n’a pas encore révélé tous ses secrets. Signe d’un imbroglio en cours, même les dirigeants du parti, qui siègent pourtant dans les structures délibérantes, ignorent ce qui se passe dans leur propre formation politique. A telle enseigne, qu’aucun dirigeant, aussi bien les membres du Comité central que ceux du Bureau politique, ne s’aventurent à émettre le moindre avis quant à la situation organique du parti ni à son avenir, du moins à très court terme.

Depuis l’annonce de la démission d’Ould Abbès de son poste de secrétaire général, les choses se sont corsées dans la maison FLN engagée sur plusieurs fronts. Et si le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Mouad Bouchareb, avait été annoncé comme successeur intérimaire au poste de secrétaire général, en attendant que les structures du FLN décident de la procédure la mieux adaptée à pareille situation, le scénario n’a pas pu se mettre en place.
Pour certains, c’est la démission d’Ould Abbès qui est remise en question en déclarant publiquement que ce dernier n’a pas quitté ses fonctions de façon définitive et qu’il ne s’agissait que d’une «période de convalescence» imposée par des soucis de santé. Le concerné, lui-même, a rendu public un communiqué dans lequel il soutient mordicus qu’il sera toujours le secrétaire général du parti. Parallèlement, le parti a eu des activités organiques sous la houlette d’une direction collégiale, chapeautée par Mouad Bouchareb, en dépit d’une désapprobation clairement affichée par des membres du bureau politique notamment. Parmi eux, Ahmed Boumehdi, qui n’a pas hésité à déclarer, lors de la rencontre des partis de l’alliance présidentielle, où il représentait le FLN, que « Djamel Ould-Abbès est toujours à son poste et qu’il continue normalement de diriger le parti à partir de chez lui».
Même les sorties publiques du FLN dans le cadre des primaires pour les élections sénatoriales, prévues le 29 décembre prochain, ne permettent pas assez de lisibilité quant à la situation organique du parti. Elles sont, en effet, organisées de façon à maintenir le flou total dans les structures du parti qui ne se sait plus désormais dans quelle direction il se dirige.
Le parti sera-t-il tenu d’organiser un congrès extraordinaire pour élire un nouveau secrétaire général ? Se contentera-t-il de la composante du bureau politique comme instance délibérante ? Consentira-t-il à aller vers les élections sénatoriales sans direction ? Autant de questions que se posent les militants du parti. Mais à l’heure actuelle, il est fort plausible que la nomination du président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Mouad Bouchareb, au poste de secrétaire général par intérim, ne suscite pas l’unanimité au sein du parti. Au niveau du FLN, on évoque des motifs statutaires, du fait que M. Bouchareb n’est pas membre du bureau politique, un titre indispensable pour être désigné secrétaire général, la première solution provisoire ne tient plus la route. Les statuts, notamment l’article 31, stipulent à cet effet qu’en cas de vacance du poste de secrétaire général, la mission sera confiée au plus âgé parmi les membres du bureau politique et une session extraordinaire du comité central doit avoir lieu dans un délai de 30 jours pour élire un nouveau secrétaire général parmi ses membres. Cet imbroglio organique se soldera t-il par un contournement des statuts en imposant au parti un fonctionnement et une direction qui ne sont pas prévus par les textes le régissant ? L’avenir nous le dira.