La commission de discipline du Front de libération nationale (FLN) devant statuer, hier, sur le cas de trois membres du comité central, a finalement reporté sa réunion au 10 avril prochain après un suspense qui a duré toute la journée d’hier sans compter les jours précédents.

La raison ? Les membres du comité central convoqués par l’instance disciplinaire n’ont pas jugé utile de répondre à sa sollicitation. Il s’agit de l’ancien député de Bouira Mohand Chérif Ould El Houcine, du sénateur Abdelouahab Benzaïm et de Nouri Sakai. « Je ne me suis pas présenté devant la commission de discipline parce que d’abord, je n’ai pas reçu de convocation », déclare à Reporters Mohand Chérif Ould El Hocine, ancien député de Bouira. Les motifs ayant présidé à sa convocation par la commission de discipline « ont un rapport avec les dernières élections législatives », a-t-il indiqué. « Les responsables locaux du FLN à Bouira ont fait un rapport disant que c’est à cause de moi que le parti a perdu les élections dans notre wilaya », soutient-il encore. L’autre reproche fait par la direction du FLN à l’ancien député est le fait d’avoir « soutenu lors des législatives un ancien mouhafed qui s’est reconverti au RND », relève-t-il, avant de lancer ironique « et c’est aussi parce que je suis une grande gueule ». De son côté, le sénateur Abdelouahab Benzaïm qui a tout autant refusé de comparaître devant la commission de discipline a expliqué sa position : « On m’a envoyé une convocation, il y a une semaine alors que statutairement parlant, les délais entre l’envoi de la convocation et la comparution devant la commission de discipline est de 15 jours. » « Quand la direction du FLN fera les choses en respectant les textes réglementaires du parti, je me présenterai devant la commission », a-t-il insisté. Aussi, et tout en contestant la convocation de l’instance disciplinaire, le sénateur s’indigne qu’« on ne peut au FLN avoir un débat d’idées».
« J’estime avoir le droit d’exprimer des opinions et de débattre de questions de l’actualité nationale. Nous sommes des élus représentants du peuple et notre fonction première est de nous intéresser aux sujets de l’heure pour être en phase avec les citoyens et leurs exigences », a-t-il indiqué. Avant d’interroger : « Pourquoi avec Ould Abbès, on ne peut pas s’exprimer et dans le cas où mes positions divergent avec les siennes, est-ce une raison pour être exclu du FLN ? » « Je suis membre du comité central du parti comme lui et je suis membre du Conseil de la nation, élu avec 550 voix et à bulletin secret», fait-il observer. Avant de déplorer que « le secrétaire général ressasse sa rancune, sa vengeance envers les membres du comité central ». Et de lancer : « Moi, je ne vais pas m’incliner devant cette injustice, je suis un membre du Sénat, de surcroît élu par ses pairs ». Par ailleurs, le sénateur réagit à l’installation d’une commission devant faire le bilan des réalisations du président de la République. « Le FLN n’a pas le droit d’évaluer seul les réalisations du Président parce qu’ils sont nombreux les partis et les organisations qui soutiennent le Président», déclare-t-il, avant de se demander « qu’est-ce qu’on a apporté au Président, nous, en tant que FLN ?» « Rien», répond-il, en estimant que « le FLN est devenu un fardeau pour le président de la République ». Le sénateur interpelle la direction du parti et l’exhorte à s’intéresser à des sujets phares, à l’instar de « la réforme du système éducatif, le développement du système sanitaire, la réforme de l’administration, la politique du logement, le dialogue social ».