Le secrétaire général (SG) du Front de libération nationale (FLN), Mohamed Djemaï, a honoré, hier, des moudjahidine à l’occasion de la fête de l’Indépendance, lors d’une cérémonie qu’il a présidée à l’hôtel Riad de Sidi Fredj.

Dans son discours, Djemaï n’a pas voulu évoquer l’incarcération de Lakhdar Bouregaâ, mis sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach. Une incarcération qui a suscité un tollé général chez les acteurs politiques et associatifs, mais sans faire sourciller Djemaï. Il s’est contenté de répéter que « nous faisons confiance à notre justice qu’il convient de laisser travailler sereinement ». Dans son discours, Djemaï n’a pas voulu non plus évoquer la démission, la veille, de Mouad Bouchareb de la tête de l’Assemblée nationale. Il s’est focalisé sur les questions de l’actualité nationale en dénonçant encore une fois les partis qui appellent « à la transition » et les partisans des « solutions à la crise en dehors de la Constitution ».
Djemaï n’a pas manqué, dans la foulée, de fustiger « ceux qui ont adopté une démarche d’exclusion à travers des initiatives de sortie de crise». «Le dialogue est une vertu et la concertation constitue le mécanisme à même de trouver les solutions susceptibles de faire sortir le pays de la crise. Nous ne comprenons pas pourquoi certains, dans leur recherche d’options de sortie de crise, font dans l’exclusion », a lancé Djemaï tout en soulignant que « les solutions de ces gens-là ne feront pas long feu ». Dans ce cadre, il n’a pas manqué d’avertir « les aventuriers de toute obédience dans une situation de crise inédite que vit le pays. L’intérêt du pays doit être au-dessus de toute considération et il ne faut pas que les intérêts personnels priment ». S’exprimant sur la vision de sortie de crise version FLN, Djemaï a appelé à une présidentielle dans les plus brefs délais. Cette option est motivée par l’impératif de stabilité du pays, a-t-il indiqué, soutenant «l’accélération de l’organisation de la présidentielle, une échéance électorale durant laquelle le peuple pourra exprimer son choix en toute souveraineté ». Par ailleurs, et comme à chacune de ses sorties, Djemaï a évoqué l’institution militaire. « Au FLN, nous exprimons un soutien fort en faveur de l’Armée nationale populaire (ANP) et de son Commandement. C’est une armée populaire issue du peuple algérien », a-t-il déclaré, ajoutant être «satisfait des positions de l’ANP qui a répondu favorablement aux exigences du mouvement du 22 février et qui a été à l’origine de la libération de la justice qui lutte actuellement contre la corruption et les corrompus».
Le patron du FLN a tenu à dénoncer «les comploteurs contre l’institution militaire ». Pour lui « les tentatives des pourfendeurs de l’ANP sont aussi vaines que stériles et nous considérons que toute atteinte à l’institution militaire est une atteinte aux Algériens et Algériennes». Par ailleurs, dans les coulisses de la rencontre, des parlementaires parlent des éventuels successeurs de Bouchareb. Quatre noms sont avancés à ce propos : Abdelhamid Si Affif, le président de la commission des affaires étrangères, Toufik Torch, président de la commission des finances, Abderezak Terbache, vice-président de l’Assemblée nationale, Boualem Bousmaha, député. Il est utile de préciser que ni Djemaï ni son entourage proche ne veulent entendre parler du retour de Bouhadja à la tête de l’APN. Ce dernier, se sentant écarté de la candidature au poste de président de l’APN, ne renonce cependant pas à son poste puisqu’il a déposé un recours auprès du conseil d’Etat pour invalider l’élection de Bouchareb.