La démission, mercredi dernier,  de Hocine Khaldoune, membre du bureau politique chargé de la communication du parti du Front  de libération nationale, constitue  la première secousse sérieuse dans  la maison FLN depuis l’arrivée  de Djamel Ould Abbès à sa tête.


Au moment où il prêche l’union, la stabilité et la réconciliation, Ould Abbès semble pris de court face à la complexité de l’appareil du parti. Le membre démissionnaire accuse ouvertement le nouveau secrétaire général de gestion unilatérale du parti qui se fait en dehors de son bureau politique, qui, selon Hocine Khaldoune, n’a été informé de certaines décisions que via la presse. Il s’agit de la première accusation de cette taille contre l’ex-ministre de la Solidarité nationale, venu à la tête du parti pour réconcilier les « frères ennemis », à savoir les frondeurs et les contestataires de l’ancien secrétaire général, démissionnaire, Ammar Saâdani. Si le désormais ex-chargé de la communication du « Front » ne remet pas en cause les pourparlers pour une réintégration des anciens dirigeants dans le parti, il n’en demeure pas moins que c’est suite à des désignations à des postes de gestion que ces fissures ont refait surface. Plus précisément, la démission de Hocine Khaldoune est intervenue suite à la nomination par Djamel Ould Abbès de l’ex-ministre de la Poste et des TIC Moussa Benhamadi en tant que conseiller à l’information et à la communication. Une tâche que Hocine Khaldoune occupe au sein du bureau politique. Le secrétaire général actuel, en attendant d’expliquer le bouillonnement qui sévit dans le QG de Hydra, s’est contenté de reprocher à M. Khaldoune une gestion défaillante de ce secteur stratégique pour le parti. Selon nos informations, plusieurs désignations de ce genre vont intervenir dans les prochains jours au sein de la direction du FLN. Ould Abbès, qui se trouve dans l’incapacité de remanier le BP jusqu’à maintenant, du fait du poids du comité central en la matière, tente de trouver de la place pour ses partisans et les « revenants » parmi les contestataires dans d’autres fonctions qu’il est en train de créer. Une attitude qui déplaît beaucoup aux membres du BP, constatant que les nouveaux arrivants à la direction grignotent leurs prérogatives. Dans une édition précédente, Reporters s’est interrogé sur la manière avec laquelle le nouveau secrétaire général va réintégrer les frondeurs au sein de la direction nationale du FLN alors qu’ils menaient une vaste opération de consultations et de réconciliation avec les détracteurs d’Ammar Saâdani. Deux options se présentaient à Ould Abbès. Les deux constituaient un risque sur la stabilité du parti à la veille d’une échéance électorale importante. La première est de remanier et d’élargir le bureau politique mais non sans passer par le comité central, seul habilité à trancher cette question. Les membres du BP ayant été parmi les plus actifs lors du dixième congrès du FLN, ils se sont créé des prolongements naturels au sein du BP. Cette option est à haut risque pour le nouveau SG compte tenue d’un besoin accru de stabiliser les structures et de ne pas opérer de grands changements qui peuvent déplaire aux groupes influents à l’intérieur du FLN. La deuxième option, laquelle est en train de se réaliser petit à petit, est de réintégrer les cadres contestataires dans des commissions de réflexion et de conseils liées directement au secrétaire général. Le choix fait par Ould Abbès ne s’avère finalement pas moins risqué que le premier, puisque les prémices d’une nouvelle dissidence se font sentir depuis les dernières nominations. Reste à savoir comment Ould Abbès va gérer cette nouvelle donne et pour quels résultats. La réunion qui se tiendra aujourd’hui avec les mouhafadhs et les présidents des commissions transitoires au siège national du parti peut donner de nouvelles indications de ce que veut faire concrètement le secrétaire général, surtout qu’elle intervient quelques jours après l’éviction de plusieurs mouhafadhs, un autre sujet de discorde au sein de la direction.