PAR NAZIM B RAHIMI
Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abou Fadhl Baâdji est, ce week-end, sur les préparatifs du 11e Congrès du parti, mettant en avant «une discipline» jamais connue au sein des structures de l’ex-parti unique dans ce qui s’apparente à une réponse aux avis divergents exprimés par ses contradicteurs par rapport à cette échéance.
«Le parti n’a jamais connu la discipline qui caractérise en ce moment ses structures», a affirmé le chef de l’ancien parti unique qui ne donne pas cependant de date pour ce rendez-vous alors qu’il misait, il y a deux semaines, sur la tenue de cette échéance organique avant la fin de l’année en cours.
Et si le premier responsable du FLN a éludé la question de savoir quand se déroulera ce congrès, il mise sur un congrès «exceptionnel» en matière d’organisation et de déroulement «compte tenu des indications de sa préparation», a-t-il dit, mettant en avant «la discipline» dont fait preuve la base militante.
Baadji a tiré, par la même occasion, sur ses «adversaires» qui misent, a-t-il estimé, sur «l’isolement du parti», faisant part de sa confiance, voire sa certitude, que le vieux front tiendra son échéance organique future. La direction a entamé à cet effet la remise des formulaires de participation aux députés et aux sénateurs en plus des indications quant aux frais de participation à ce congrès, le 11e du genre, maintes fois ajourné pour diverses raisons.
Dans ce registre, les parlementaires (députés et sénateurs) du parti ont signé des engagements de présence à l’occasion de ce congrès au moment où des indiscrétions, émanant du siège du parti, évoquent des intentions du secrétaire général à «éliminer» de la liste des congressistes quelques élus à l’APN «avec lesquels il ne s’entend pas», indique-t-on.
Il faut rappeler, dans ce sens, que le dernier Congrès du FLN remonte à 2015 quand Ammar Saâdani est passé secrétaire général, remplacé par la suite par Djamel Ould Abbès, Mouad Bouchareb, Mohamed Djemai, Ali Seddiki puis Abou El Fadhl Baadji dans des désignations validées par des sessions «extraordinaires» du Comité central, organe souverain entre deux congrès, selon les statuts du vieux front.
Plébiscité à ce poste en mai 2020, Baadji ne compte pas aller vers un congrès dont l’issue lui échapperait, surtout que des militants «continuent de penser que son accession au poste n’est pas légale», témoigne un membre du comité central, lequel fait part de son vœu de voir les militants «dépasser les divergences en évitant les conflits personnels dans l’intérêt du parti qui doit sortir grandi à l’issue de ce congrès». «Nous voulons bien tenir ce 11e congrès avant la fin de l’année, mais nous ne souhaitons pas nous mettre davantage de pression», a-t-il affirmé, début novembre, dans un point de presse, soulignant «l’impératif d’une meilleure préparation».
Les membres du comité central du parti ont approuvé, l’été 2020, une note portant le report du Congrès. Ce dernier a été ainsi projeté juste après les échéances électorales, à commencer par le référendum constitutionnel jusqu’aux élections de mi-mandat des députés au conseil de la nation début 2022.
S’en est suivi, toutefois, en octobre dernier, le déroulement des élections locales partielles dans quelques circonscriptions en Kabylie où le scrutin local n’a pas pu se tenir en novembre 2021.
Cette échéance n’a pas été une réussite pour le FLN en dépit de la mobilisation de la direction nationale y compris du secrétaire général qui a animé des meetings de sensibilisation en misant sur des scores favorables. Ce qui n’a pas été le cas…