Le sénateur du Front de libération nationale (FLN) Abdelouahab Benzaïm n’ira pas devant la commission de discipline de son parti, dimanche prochain. Pire, il a décidé avec une centaine de membres du comité central (CC) d’intenter une action en justice contre le secrétaire général du parti Djamel Ould Abbès.

«On se prépare à saisir le tribunal administratif contre le secrétaire général du FLN afin de geler ses fonctions au sein du parti », a-t-il expliqué dans une déclaration à la presse. Lors de sa saisine de la justice qui interviendra en avril prochain, Benzaïm et son groupe revendiqueront tout autant à la justice « d’arrêter une date pour la tenue du Comité central du parti» au motif que « l’élection du secrétaire général a été non conforme aux textes du parti ». Et pour cause. « Le règlement intérieur du parti stipule qu’en cas de démission du secrétaire général, le plus âgé du bureau politique (BP) est désigné en attendant qu’une session du Comité central soit organisée un mois après pour élire un nouveau secrétaire général ». Benzaïm, qui critique la situation délétère du FLN depuis sa prise en main par Ould Abbès, fait observer que lui et les membres du CC tiennent mordicus au départ de ce dernier de la tête du parti : « Notre démarche est sérieuse et ne souffre d’aucune ambiguïté. Dimanche, on s’est réuni avec les avocats du parti et nous sommes décidés à aller jusqu’au bout. » « Nous avons foi en la justice de notre pays qui est totalement souveraine », fait-il remarquer. Avant de préciser : « Nous respecterons les décisions que la justice rendra. » Benzaïm critique au passage les multiples reports de la session du comité central : «Il n’est absolument pas normal que le CC soit continuellement reporté. » Sollicité sur les raisons de son refus de comparaître devant la commission de discipline, il soutiendra que « la convocation a été faite en violation du règlement intérieur ». « On m’a envoyé la convocation dimanche pour comparaitre le 1er avril, autrement dit une semaine après », explique-t-il. Il fait remarquer que « le règlement intérieur stipule que la convocation doit être reçue au moins quinze jours avant la comparution devant la commission de discipline ». Et d’enchaîner : « J’ai d’autres engagements le 1er avril, je ne peux donc pas répondre favorablement à la convocation. » Dans le même ordre d’idées, le sénateur relève le caractère « illégal » de la commission de discipline. Selon lui, « les membres de la commission de discipline doivent être issus du Comité central, ce qui n’est pas le cas ».
Quoi qu’il en soit, la convocation de Benzaïm par la commission de discipline pour avoir critiqué la ministre de l’Education nationale semble accélérer le départ d’Ould Abbès de la tête du parti. A plus forte raison que pas moins d’une centaine de membres du CC ont joint leurs voix à celle du sénateur.