Par Bouzid Chalabi
Alors que le climatiseur double corps (split system) de 12 000 BTU (British thermal unit), le plus prisé par les ménages, se vendait l’an dernier à 42 000 DA, il s’affiche actuellement à 80 000 DA. Une hausse vertigineuse, passant au double, qui le rend inaccessible aux petites bourses voulant acquérir un tel équipement à la veille de la période des grandes chaleurs. «Pis encore, l’alternative de se rabattre sur un climatiseur d’occasion est irréalisable, ce dernier est cédé à 50 000 DA, soit plus cher que le prix d’un appareil neuf il y a une année», s’offusque le président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce) Mustapha Zebdi. Ce dernier a fait savoir que son association a enregistré, ces dernières semaines, une multitude de plaintes de la part des consommateurs «s’estimant désabusés par une si grande hausse des prix des climatiseurs». Mais pour Mustapha Zebdi, «ce sont surtout les populations du Grand-Sud qui sont le plus impactées, dans le sens où il n’est plus à démontrer l’utilité d’un tel appareil dans les foyers de ces régions». Comme il a fait remarquer que les habitants se disent tous «très étonnés». Il a tenu à préciser à cette même occasion que lors de la période des grandes chaleurs, ces foyers « ne peuvent se contenter d’un climatiseur de 9 000 ou 12 000 BTU mais plus.
C’est pourquoi ils appellent les pouvoirs publics à se pencher sur leur cas en décidant une révision à la baisse du prix du climatiseur au bénéfice des familles des régions où le pic de chaleur est constant durant au moins cinq mois de l’année». Le président de l’Apoce a, par ailleurs, insisté que les fortes augmentations sur les appareils de climatisation domestique et «en un laps de temps aussi court ont poussé les consommateurs concernés à réagir, c’est-à-dire à se faire entendre à propos de cette hausse vertigineuse». Ajoutant : «De notre côté, nous avons lancé un appel aux parties prenantes afin de trouver des solutions et de contrôler le marché du froid domestique le plus tôt possible.» A ce propos, il préconise, «compte tenu des nombreuses plaintes des citoyens», de «réduire les droits et taxes imposés sur les produits électriques et électroménagers».
Interrogé sur les raisons de ladite hausse des prix, Zebdi l’a attribué à plusieurs facteurs «notamment le processus d’importation ainsi que certains droits introduits par la loi des finances 2022». Sur ce dernier point, faut-il le rappeler, le président de l’Apoce a, lors de ses dernières sorties médiatiques, sous-entendu que les usines locales de fabrication d’électroménager semblent se contenter d’assembler des pièces importées, à défaut de profiter des facilités accordées par l’Etat aux producteurs, dont le taux d’intégration est appréciable. « Face au faible taux d’intégration chez les producteurs, le gouvernement a décidé, à l’époque, de serrer la vis à l’activité de l’importation des kits et autres pièces à travers le texte de loi n° 20-313 fixant les modalités d’admission des opérateurs exerçant les activités de production des produits et équipements électroniques et électroménagers, au bénéfice du régime fiscal préférentiel. Ledit texte de loi exige un taux d’intégration précis pour chaque produit, avant de pouvoir bénéficier des exemptions.
Toujours dans ce même ordre d’idées, Zebdi déplore que la révision de la méthode de calcul du taux d’intégration «qui visait à renforcer davantage la compétitivité entre les industriels d’un même secteur d’activité, afin que leurs prix soient concurrentiels, c’est-à-dire accessibles aux consommateurs, l’effet inverse s’est produit sur le terrain au grand détriment de centaines de foyers dans le besoin de s’équiper d’un climatiseur pour pouvoir supporter les pic de chaleur de l’ordre de 48° et parfois plus en période de canicule». <