Synthèse de INES DALI
La flambée des prix de la volaille ces derniers jours sur les marchés de détails trouve son origine dans la cherté des aliments et la réduction de l’activité avicole en 2021 pour plusieurs raisons, dont la baisse de la consommation constatée l’année dernière et les craintes de grippe aviaire après la découverte d’un foyer récemment, selon les explications données par des éleveurs, distributeurs et associations professionnelles. Ces justifications sont venues après qu’une campagne appelant au boycott des viandes blanches ait été lancée à travers les réseaux sociaux.
La hausse vertigineuse des prix est due à «la hausse des prix des aliments pour volaille, à l’instar du maïs et des tourteaux de soja» qui sont des intrants essentiels. Elle est également due à un recul de la consommation avec la pandémie du coronavirus, ce qui a conduit à une baisse de la production, donc à une baisse des stocks, selon le président du Comité national des distributeurs de viandes rouges, Merouane Khir. «La crise sanitaire a impacté indirectement le prix du poulet suite à des supputations d’affaiblissement du système immunitaire. Les prix sont, subséquemment, descendus à 120 DA/kg sur les marchés de gros et à 180 DA sur le marché de détail.
La baisse de la consommation de la viande blanche a poussé les éleveurs à baisser leurs capacités de production de 50% en 2021», a-t-il indiqué, ajoutant que «seuls 50% des éleveurs ont osé refaire l’élevage de poussins en 2021», ce qui explique les quantités insuffisantes sur le marché.
L’autre raison évoquée de la flambée des prix est «l’augmentation des prix des aliments pour volailles sur les marchés internationaux, d’autant plus que les éleveurs se trouvent aujourd’hui et après la perte subie en 2020, dans l’incapacité d’acquérir les intrants destinés à la production», a déclaré M. Khir à l’APS, révélant que la filière avicole entame une nouvelle campagne de production, qui donnera ses fruits et verra les prix baissés d’ici le mois de Ramadhan. Pour sa part, le PDG de l’Office national des aliments du bétail et de l’élevage avicole (ONAB), Mohamed Batraoui, a annoncé que le stock actuel est de 10.000 tonnes en attendant les 50.000 tonnes des producteurs privés, estimant que de «cette quantité est suffisante pour couvrir la demande à des prix raisonnables». De même qu’il a dit s’attendre à ce que cette filière connaisse, durant le mois de Ramadhan, une production de quelque 60.000 tonnes. Il a, à son tour, indiqué que les prix sont impactés par les fluctuations des matières premières entrant dans la fabrication de l’aliment de volaille au niveau du marché mondial, notamment après l’acquisition par la Chine de 60% de la production internationale de maïs. «Du moment que le prix d’achat dépend de la bourse mondiale, le prix de cette matière demeure imprévisible», a-t-il souligné, même s’il s’est voulu rassurant quant à l’accessibilité des prix durant le ramadhan. Cette déclaration est confortée également par le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca), Hadj Tahar Boulenouar, qui estime également que la hausse des prix de la viande blanche est principalement due à la hausse des prix des matières premières destinées à la fabrication de l’alimentation. L’autre raison, a-t-il dit, est la cessation d’activité par un grand nombre d’aviculteurs. «Les éleveurs privés ont lancé, depuis deux semaines, l’élevage du poussin, ce qui permettra de produire plus de 40.000 tonnes durant le mois de Ramadhan», a-t-il affirmé. A noter que le prix de la volaille a connu un recul hier, à l’exemple du poulet prêt à la consommation qui était vendu à 350-380 DA/kg contre 460 DA la semaine dernière, certainement à la suite de l’appel au boycott.