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Le Front pour la justice et le développement (FJD) a considéré que les conditions d’une élection libre et transparente ne sont pas réunies appelant les autorités à ne pas ignorer les revendications du peuple.

C’est ce qu’a indiqué le parti islamiste dans un communiqué rendu public à l’issue de la réunion de son instance d’orientation et son bureau exécutif pour débattre de la situation politique du pays à cinq jours du scrutin.
Le parti explique son constat selon lequel les conditions ne sont pas réunies pour tenir une élection présidentielle libre et transparente en évoquant trois faits. Il cite en premier lieu l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) créée « loin du compromis politique » avec des lois qui « ont été imposées de façon unilatérale ».
Toujours au sujet de l’Anie, le FJD a remis en cause la procédure de désignation de ses membres au niveau national comme au niveau local, relevant l’incapacité de cette instance à suivre tout le processus électoral, ce qui «a altéré sa crédibilité et jeté le doute sur la valeur du scrutin ».
Le FJD évoque, en deuxième lieu, les poursuites contre les jeunes du mouvement populaire et les acteurs politiques qui n’ont pas été libérés. Le parti de Djaballah met en évidence, en troisième lieu, les atteintes à la libre expression, le recours à la violence verbale, allusion faite au dérapage du ministre de l’Intérieur et des

Collectivités locales.
Sur le rendez-vous du 12 décembre, le FJD considère que le point de divergence entre les partisans du mouvement populaire et les revendications qu’il porte et ceux qui tiennent au « processus du fait accompli » ne réside pas dans le principe du vote lui-même. Pour le FJD, le point de discorde est que le peuple préserve sa révolte en maintenant ses revendications, réclamées depuis le 22 février, dont sont énoncés « le départ de la bande, le retour à la souveraineté du peuple et la reprise de son destin en main ». Le parti de Djaballah endosse ainsi au pouvoir la responsabilité de la persistance de la crise mettant en exergue la non-prise en charge des revendications du mouvement populaire.
Cet autisme est marqué, selon le parti islamiste, par le maintien des figures apparentées au système de Bouteflika, à quoi s’est ajouté le fait que la plupart des candidats à la présidence de la République sont issus des partis politiques de l’allégeance.
Sur sa lancée, le FJD énumère les initiatives politiques de sortie de crise refusées par le pouvoir notamment celles où le parti de Djaballah était partie prenante. Sont citées, à cet effet, l’initiative des forces du changement sous les auspices du FJD lancée au mois de mars dernier et qui visait une meilleure lecture des articles 7 et 8 de la Constitution tel qu’exigée par la rue. Le parti a évoqué aussi la conférence nationale de dialogue tenue au mois de juillet dernier à Aïn Benian et qui a vu la participation de plusieurs partis politiques et de représentants de la société civile.
« L’offre de solution a été complètement ignorée par le pouvoir, qui a préféré imposer sa lecture de la crise et son approche de solution », estime le FJD qui s’inscrit visiblement dans l’après-élection quelle que soit l’issue de cette échéance électorale. Le parti réitère, en effet, sa disponibilité à travailler et à coordonner avec les autres acteurs, citant « les formations politiques sérieuses, personnalités et jeunes du Hirak » pour défendre un projet commun.