Intervenant sur les ondes de la chaine III de la radio algérienne, le ministre des Finances a indiqué, sans détours ni faux-fuyants, que l’IRG représente près de la moitié de la fiscalité ordinaire, laquelle couvre 60% du budget de fonctionnement de l’Etat.

PAR Hakim Ould Mohamed
Chiffres à l’appui, Aymen Benabderrahmane a révélé que les retenues fiscales sur les salaires, l’IRG (Impôt sur le revenu global), représentent 43 à 45% des revenus de la fiscalité ordinaire de l’Etat, qualifiant ce taux «d’énorme» et «d’handicapant». Ce taux renseigne de l’ampleur de l’économie informelle et des cotisations qui échappement à la fois au fisc et au trésor public à travers les produits de la fiscalité ordinaire. D’après le ministre des Finances, «si on veut aller vers l’équité et la justice fiscale, et à la diminution de la pression fiscale, il faut élargir l’assiette fiscale». Aymen Benabderrahmane reconnait sur sa lancée que «les gens qui sont en train de subir cette pression fiscale sont les fonctionnaires et les employés. L’IRG (Impôt sur le revenu global) sur salaire représente 43 à 45% des revenus de la fiscalité de l’Etat. C’est énorme et handicapant pour la population fonctionnaire et employée», a-t-il encore affirmé. Pour le ministre, le produit fiscal de l’IRG salaire ne doit pas constituer cette marge qui est actuellement la sienne dans la fiscalité ordinaire de l’Etat. Ce dernier doit trouver, explique le ministre, un mécanisme de redistribution de cette pression fiscale, en assurant un élargissement de l’assiette fiscale. Bien évidemment, l’élargissement de l’assiette fiscale se fera à travers une véritable lutte contre l’économie informelle qui représente un important gisement fiscal non déclaré et non recouvré. Le ministre dit compter sur l’adhésion de la population fiscale et se garde de parler de lutte contre l’informel. Les chiffres du ministre des Finances confirment en tout cas les objectifs de collecte des produits de la fiscalité ordinaire rapportés dans la loi de finances de l’actuel exercice. Celle-ci confirme à juste titre que les salariés soutiennent l’essentiel de la pression fiscale et contribuant à près de 50% à la fiscalité ordinaire.
En effet, il est prévu, cette année, que les produits des contributions directes et les produits des impôts divers sur les affaires représentent deux tiers dans les recettes ordinaires de l’Algérie. Les deux niches d’impôts, qui représentent essentiellement les salariés et les entreprises, permettraient ainsi d’engranger respectivement plus de 1 251 milliards de dinars et 997,3 milliards de dinars au titre de l’actuel exercice budgétaire. Cette situation, qui n’est d’ailleurs pas nouvelle dans la structure de la fiscalité ordinaire, constitue une source de fragilité pour le système fiscal algérien, bâti essentiellement sur l’apport des trois sources essentielles, à savoir la fiscalité pétrolière, les salaires et les impôts sur les sociétés. Sur l’intégration des niches échappant actuellement au fisc dans l’économie légale, Aymen Abderrahmane semble privilégier la souplesse, assurant que son département «travaille sur la réforme du Code fiscal qui va dans ce sens de rassurer cette population de contribuables. On veut que cet instrument fiscal soit un instrument d’adhésion volontaire. Les gens doivent adhérer volontairement ; on va faire un travail d’approche envers cette population». Dans la foulée, le ministre a expliqué également que son département entend «mettre en place les mécanismes pour assurer une inclusion fiscale à travers le recensement de la population fiscale et l’adhésion de cette population, engager une approche rationnelle envers celle-ci, pour la ramener vers notre sphère, et surtout, la rassurer sur les avantages que représente la fiscalisation de leurs activités, en termes d’abord, d’inclusion sociale, de couverture sociale et en termes de rétribution de la retraite».