S’il est un sujet qui revient à chaque élection locale, c’est bien celui de la fiscalité locale. Cette année n’aura, donc, pas échappé au sempiternel débat et des promesses ont été faites, en attendant de voir plus clair avec la révision des codes communal et de wilaya, prévu dans les mois à venir.

A peine élus, les nouveaux P/APC ont reçu une bonne nouvelle. La fiscalité locale des neuf premiers mois de 2017 a augmenté, ce qui devrait générer des entrées conséquentes aux communes par ces temps de crise financière.
Mais, faut-il réellement s’en réjouir ? D’une part, oui, puisque cet argent devrait permettre aux communes de subvenir à leurs besoins élémentaires. Mais, d’autre part, cela prouve que les collectivités locales demeurent des entités « budgétivores », dépendant des sommes allouées au niveau central. Car, il faut bien le préciser, la fiscalité locale est, jusqu’à présent, gérée par la Direction générale des impôts qui réserve une partie bien définie par la loi aux communes et aux wilayas.
Or, c’est ce modèle centralisé qui est en cause. Car, lorsqu’on demande aux élus et aux commis de l’Etat, au niveau local, de faire des efforts en vue du recouvrement des taxes et de l’exploitation des niches fiscales, il faut savoir que ces collectivités ne disposent pas de moyens pour le faire. Même la taxe des ordures ménagères est gérée au niveau central pour être, ensuite redistribuée sur les communes.
Il reste les recettes des stades, des fêtes foraines, les droits de timbres sur les enseignes lumineuses et les affichages, mais cela est quasi insignifiant, pour ne pas dire inexistant dans bon nombre de communes.
En dehors des grandes villes, où il y a une activité en tous genres, les petites villes et les communes isolées ne disposent de rien, et même la solidarité intercommunale, introduite dans la loi de finances 2015, ne fonctionne pas comme il se doit. Pour preuve, dans une même wilaya, on peut trouver des communes nanties et d’autres dans un état de sous-développement avancé. Comme c’est le cas, par exemple, dans les wilayas de Sétif et de Bordj Bou-Arréridj, où les communes du nord et du sud n’ont pas les mêmes chances.
On le voit surtout avec les premières chutes de neige, comme ces jours-ci, et le calvaire vécu par des communes qui ne disposent de presque rien, alors qu’elles sont connues pour être très vulnérables à ce genre de perturbations atmosphériques.
Passons sur le minimum requis, que ce soit dans l’équipement des écoles en chauffages, dans des zones connues pour la rudesse de leur hiver, ou de climatiseurs, dans celles connaissant de grandes chaleurs, ou des structures de bases, comme des centres de santé fonctionnels, des maisons de jeunes, des centres de formation professionnels, et la liste est longue.
La réforme salutaire passe par une responsabilisation et une implication des élus locaux, premiers représentants de l’Etat. Ces derniers devraient avoir les prérogatives leur permettant de lancer des projets, d’attirer des investisseurs et de leur offrir les garanties et les avantages nécessaires.
C’est l’inverse de la tendance actuelle qui voudrait que tout se décide au niveau central et tout s’octroie à partir d’Alger. Les communes devraient être les premières pourvoyeuses de ressources financières, pour peu qu’elles aient les moyens et les prérogatives pour le faire.