Par Salim Benour
Vendredi 27 mai, l’argentier du pays Abderrahmane Raouya assistait à Accra, capitale du Ghana, à la clôture des travaux des assemblées générales du Groupe de la Banque africaine de développement(BAD) qui avaient débuté le 24 mai. Le thème retenu pour cette année 2022 est «Favoriser la résilience climatique et une transition énergétique juste».
Un slogan qui correspond aux enjeux environnementaux cruciaux auxquels fait face le continent africain ainsi qu’aux besoins énergétiques importants pour son développement. Un mot d’ordre qui résume également l’équation que les Etats africains – principalement ceux dont le patrimoine naturel et de biodiversité est jugé vital pour l’équilibre climatique de la planète – sont soumis à résoudre. Autrement dit, à trouver la bonne mesure entre l’impératif de performer leurs économies ayant pour source principale des matières premières extractives et d’un impact écologique lourd et l’obligation de préserver leur richesse environnementale à l’exemple du bassin forestier du Congo, deuxième en termes d’importance pour le climat mondial après l’Amazonie, mais ce dernier n’est pas le seul en Afrique.
Le choix du thème des assemblées du groupe de la BAD, cette année, n’est pas fortuit. Il cadre avec les préparatifs des 54 pays africains qui doivent négocier en bloc leurs intérêts et les questions liées au changement climatique à la prochaine conférence internationale sur le climat, Cop 27, qui aura lieu en novembre prochain à Charm El Cheikh en Egypte, pays qui abritera les prochaines assemblées de la BAD en 2023.
A l’issue des travaux, la Banque africaine de développement s’est fixée pour les dix prochaines années (2023-2032), cinq priorités : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir le continent et l’intégrer, industrialiser et assurer le bien-être de ses populations et leur prospérité dans un cadre inclusif et de développement durable.
A ce sujet, l’une des résolutions prises par les gouverneurs de la BAD est la levée de fonds auprès des places financières internationales pour appuyer et accompagner les politiques et les programmes d’investissement et de développement dans le continent. Ainsi le ministre algérien des Finances, qui a conduit une importante délégation, a discuté avec le président de la BAD, Kinwumi Adesina, sur la possibilité de la Banque et ses moyens financiers à faire face aux grands défis du continent durant les dix prochaines années, outre les voies de renforcer la coopération entre les deux parties et de faire de la BAD un vecteur d’autonomisation de financement des économies africaines. Une préoccupation que M. Raouya a abordée avec son homologue sud-africain Enoch Godongwana. Selon un communiqué des Finances, les discussions avec ce dernier ont porté sur les défis de développement du continent africain et les solutions à entrevoir pour renforcer sa résilience, notamment celle des pays les plus fragiles. L’entretien a également couvert les voies et moyens à même de consolider davantage les relations entre les deux pays, a indiqué le communiqué. Fait important à relever, M. Raouya s’est entretenu avec une délégation de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), conduite par Denys Denia, vice-président exécutif. Les deux responsables ont échangé sur l’adhésion en cours de l’Algérie à cette Banque et les perspectives de coopération ainsi que les possibilités de partenariat entre les deux parties, notamment dans le domaine de la promotion du commerce intra-africain et de l’accompagnement des opérateurs algériens à renforcer leur présence sur le marché continental. A ce titre, il a été noté que «les répercussions de la pandémie de la Covid-19 ainsi que la crise en Ukraine ont engendré de lourdes perturbations des processus de développement des pays africains», indique le communiqué des Finances. Selon la même source, les Gouverneurs de la BAD ont invité cette institution à collaborer avec d’autres partenaires au développement en vue de renforcer la capacité de l’Afrique à résister aux futures crises sanitaires et économiques, d’accroître l’autonomisation du continent en matière de production pharmaceutique en renforçant ses capacités productives et technologiques. <