Le volume des crédits octroyés par les banques algériennes jusqu’à fin 2016 s’est établi à plus de 8 400 milliards de dinars dont 75% destinés à l’investissement, a indiqué hier à Alger le président de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF), Boualem Djebbar.

Sur un autre registre, Boualem Djebbar a confirmé, sur les ondes de la Radio nationale chaine 1, la direction des banques vers la finance islamique, un débat qui dure depuis au moins 2010. Cependant, le responsable n’a pas présenté d’autres précisions supplémentaires sur cette initiative et s’est contenté d’assurer que cette option se concrétisera avant la fin du premier semestre de l’année en cours.
A ce propos, et jusqu’à aujourd’hui, seules deux banques sont présentes sur le créneau de la finance islamique. Il s’agit d’Al Barak Bank, une banque algéro-saoudienne dont les actionnaires sont la Banque de l’agriculture et du développement rural (Algérie) et le Groupe Dallah Al Baraka (Arabie Saoudite), et Al Salam Bank Algérie, une banque à capitaux algériens associés avec ceux des pays du Golfe.
Désormais, ce sont d’autres banques nationales, notamment publiques, qui ont pris une option décidée pour les produits «halal». A cet égard, le professeur en économie Farès Mesdour fait observer à Reporters que deux banques publiques sont déjà à pied d’œuvre pour la concrétisation de ce projet.
La BNA et le CPA, sont engagés sur ce registre depuis maintenant une année. Même la BDL est partie prenante. En effet, le P-DG de la BDL, Mohamed Krim, en a fait l’annonce en mai dernier. Les déclarations du président de l’ABEF et de celles des autres responsables financiers et économistes sont indicateurs d’une tendance et vont dans le sens d’une revendication insistante de la part d’économistes algériens et même de la population. En effet, selon un économiste que nous avons contacté, l’option de la finance islamique s’inscrit en droite ligne d’une volonté de capter une clientèle portée sur des produits conformes à la charia. La finance islamique peut également renforcer la bancarisation de l’argent et éponger l’important argent qui circule dans le secteur de l’informel.
Il y a lieu de rappeler qu’un dossier complet sera remis dans les prochains jours au Haut-Conseil islamique (HCI) pour permettre de mettre en place un cadre juridique à la finance islamique en Algérie, comme l’avait annoncé l’économiste en charge du dossier, Mohamed Boudjelal, professeur des sciences économiques à l’université de M’sila lors d’une rencontre organisée au HCI signalant le «vide juridique» dans la législation algérienne. Ce dossier apportera des recommandations qui seront remises aux plus hautes autorités de l’Etat afin d’apporter un encrage juridique à travers des dispositions qui seront introduites à la loi sur la monnaie et le crédit, le code du commerce, le code des impôts et la loi sur les assurances. Il s’agit aussi de mettre en place une instance de la char’ia pour le contrôle et une «référence unifiée», avait-il ajouté.