PAR INES DALI
La liquidité bancaire de l’Algérie a poursuivi son évolution positive garantissant, ainsi, un niveau de stock appréciable pour le pays. «L’indice de la liquidité bancaire a atteint un niveau record en septembre dernier, dépassant les 1.800 milliards de dinars», a indiqué le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, lors d’une conférence de presse au Conseil de la Nation, à l’issue d’une séance consacrée aux réponses aux préoccupations des membres du Conseil sur la Déclaration de politique générale du gouvernement.
Le niveau actuel de la liquidité bancaire, qui est généralement représentée comme étant la capacité à faire face à des obligations de trésorerie suivant leur échéance, est d’autant plus appréciable si l’on considère qu’il avait augmenté à 1500 milliards de dinars en mars 2022. A cette date, il représentait déjà «trois ans de stock», selon le gouverneur de la Banque d’Algérie.
D’autres indices économiques indiquent que «l’Algérie se dirige vers un véritable décollage économique», a estimé le Premier ministre. Cela sera encore plus visible à la faveur des réformes engagées, notamment par la promulgation de la nouvelle loi sur l’investissement et les textes d’application qui l’accompagnent, pour garantir un climat des affaires stable et dans l’intérêt aussi bien de l’Etat algérien que des investisseurs nationaux et étrangers.
A travers les réformes, l’Algérie aspire à devenir un «leader au niveau régional». Tous les indicateurs macroéconomiques son «positifs», et «l’affluence des investisseurs étrangers vers l’Algérie traduit le recouvrement par notre pays de ses atouts économiques», a-t-il encore souligné, citant les réserves de change qui mettent le pays dans une situation «totalement confortable» et la balance commerciale, ainsi que l’indice de croissance qui pourrait dépasser les prévisions de certaines institutions financières internationales. A ce titre, le FMI a révisé la croissance économique de l’Algérie à la hausse à 4,7% pour 2022 dans son dernier rapport. Ce serait possible grâce au soutien que l’Etat continue d’accorder à plusieurs secteurs d’activité.
Le secteur de l’agriculture a bénéficié de «130 milliards de dinars au titre du budget d’équipement pour 2021-2022, sous forme de subventions en faveur du développement de l’investissement agricole, de la régulation de la production et des projets structurels», a indiqué le Premier ministre, relevant que l’Etat a augmenté la subvention des engrais de 20% à 50%.
En matière de subvention de produits alimentaires, il a fait savoir, entre autres, que le montant alloué au soutien du prix du lait a atteint 89,76 milliards de dinars et celui consacré au soutien du prix de l’huile de table et du sucre 83,5 milliards. Cela outre les autres subventions dont bénéficie le citoyen algérien et dont le ministre a fait part, soulignant que 105 milliards de dinars sont consacrés au soutien des prix de l’électricité, du gaz et de l’eau (y compris l’eau de dessalement).
Pour réaliser la sécurité alimentaire, les pouvoirs publics ont également adopté une «nouvelle vision» pour garantir l’autosuffisance en matière de semences, selon le premier ministre qui a rappelé la création de la Banque nationale de semences qui constitue une étape cruciale pour couvrir les besoins en la matière. «L’Algérie ne peut plus compter sur une large dépendance aux semences importées. Nous avons réussi à créer une banque de semences et allons lancer la banque nationale de gènes. Nous ne pouvons être dépendants de l’étranger en matière de semences, étant une menace pour notre sécurité nationale en général», a-t-il soutenu. Pour lui, il est nécessaire de résoudre les problèmes qui se posent dans ce domaine pour réaliser un taux de 80% de couverture en termes de semences à l’horizon 2023.
Concernant le renforcement des capacités de stockage en matière des eaux superficielles, notamment avec la relance des projets gelés pour la réalisation des barrages, Aïmene Benabderrahmane a indiqué que ces dernières étaient en cours d’examen dans le cadre du Plan d’action du gouvernement actuel pour «préserver la sécurité hydrique qui fait du dessalement de l’eau de mer une source importante d’eau potable avec un taux de 60%, suivi des barrages (20%) et des eaux souterraines (20%)». La première série des projets prioritaires est composée de 5 stations de dessalement de l’eau de mer dont la capacité de chacune dépasse 300.000 m3/jour, à réaliser et à mettre en service en 2024. <