Rachid Belaïd a été nommé, hier, Président directeur général par intérim de la Banque de développement local (BDL), en remplacement de Mohamed Karim qui occupait ce poste depuis mai 2015, selon un communiqué de la présidence de la République. Créée en 1985, la BDL opère particulièrement dans le domaine du financement des Petites et moyennes entreprises (PME), des activités commerciales, des professions libérales ainsi que des projets de promotion immobilière. Par ailleurs, El Houari Rahali a été nommé P-DG par intérim de la Banque nationale d’Algérie (BNA), en remplacement de Aboud Achour qui dirigeait la BNA depuis mai 2015. Créée en juillet 1966, la BNA, première banque commerciale nationale en Algérie, active particulièrement dans le domaine des prêts et de la gestion de l’épargne en faveur des familles et des entreprises. En 2009, la BNA a augmenté son capital social de 14,6 milliards de DA à 41,6 milliards de DA. Le changement à la tête de la BNA intervient après la mise en détention provisoire de son P-DG dans le cadre de l’affaire de l’usine de montage de voitures de la marque KIA, le 20 juin dernier. Ces changements pourraient être liés au contexte de crise économique que vit le pays et à des affaires de corruption mises au jour dans certaines entreprises. Les choses vont mal pour des banques publiques tenues responsables de tous les maux économiques ou presque. Ce sont les injonctions des pouvoirs publics qui président encore au développement de ce secteur. Les autorités publiques n’ont pas joué leur rôle pour mettre en place les conditions et le cadre qui déterminent la possibilité pour ledit secteur de se développer. Cela a produit une interférence négative, voire conflictuelle, dans les relations banque-entreprise. Les établissements financiers et les entreprises nationales ne parlent pas le même langage.
Actuellement, avec cette cascade d’affaires de corruption, elles éprouvent des craintes et se montrent méfiantes vis-à-vis des chefs d’entreprises. Des incohérences émaillent aujourd’hui le système bancaire et l’empêchent de se mettre en phase avec les réformes structurelles engagées début des années 1990. C’est un fait. Une des composantes essentielles du processus des réformes financières, c’est le système de dématérialisation. Il s’agit d’une nouvelle technique introduite dans les institutions financières. Mais qui n’a pas réellement évolué. Elle allait mettre fin à l’utilisation du papier dans toutes les opérations bancaires ou presque. C’est l’automatisme en substitution au papier. Est-ce une prouesse? Pour certains experts, un développement plus poussé des TIC dans les banques devrait leur éviter de se retrouver face à des conflits d’intérêts. De même qu’il leur permettrait d’éviter des risques de corruption et de fonctionner de manière la plus responsable possible. Or, les banquiers continuent à travailler à l’ancienne. En outre, elles continuent de titrer le gros de leurs bénéfices des taux d’intérêts jugés par ailleurs élevés par les opérateurs économiques. Détenant des portefeuilles d’entreprises en mal de trésorerie, les établissements financiers publics supportent des injonctions pour maintenir sous perfusion des entreprises, instables, boiteuses. De plus, le système juridique, exagérément lent, ne facilite pas la tâche aux banques, ne les aident pas à recouvrer des créances auprès des débiteurs défaillants.<