La Bourse d’Alger bénéficiera prochainement d’un nouveau système électronique dédié aux transactions boursières.

«Dans les prochaines semaines, nous allons signer un contrat pour l’acquisition d’un nouveau système électronique permettant des transactions boursières en continu et de plus grande valeur et intégrant un plus grand nombre d’entreprises», a indiqué hier sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale Yazid Benmouhoub, directeur général de la Bourse d’Alger.

L’initiative émane du projet global du ministère des Finances, lancé en 2011, destiné à la réforme du système de transactions boursières pour donner un nouveau souffle au système boursier algérien. « L’étude de la situation interne de l’institution durera trois ans, ainsi nous pourrons mettre en place le système qui sied le mieux aux spécificités du marché algérien», explique le premier responsable de la Bourse d’Alger. Pour permettre à la Bourse d’Alger de jouer son rôle pleinement au sein de l’économie nationale, l’institution compte également axer ses efforts sur les entreprises.
«L’environnement économique en Algérie se caractérise par un manque d’engouement vis-à-vis de la Bourse, bien qu’il y ait une législation qui encourage les entreprises à s’orienter vers celle-ci à travers notamment des avantages fiscaux», regrette le directeur général de l’organisme financier. Celui-ci revient sur la création de la Bourse d’Alger dans les années 1990, où l’économie du pays ne permettait pas à la Bourse d’être un acteur majeur dans le financement des entreprises. Les raisons, pour Yazid Benmouhoub, qui n’ont pas permis à la Bourse de jouer son rôle, s’expliquent aussi par l’absence d’une vraie culture de la Bourse en Algérie, « que ce soit chez les opérateurs économiques ou chez les citoyens».
D’autre part, depuis plusieurs années déjà, les autorités ont mis en place différents systèmes de financement de l’économie nationale à travers les financements accordés par le Trésor public et les banques étatiques.
« Ce qui a créé un désintérêt des entreprises envers la Bourse, celle-ci s’en est trouvée isolée», explique Benmouhoub. Désormais, vu la conjoncture économique actuelle, les organismes financiers « font face à un manque de liquidités, ce qui va pousser les entreprises et les banques à se tourner vers de nouveaux modes de financements», estime-t-il.
Une nouvelle donne qui pousse à l’optimisme quant à l’intérêt pour la Bourse dans le cadre du financement de l’économie nationale et donc la création d’emplois, selon le premier responsable de la Bourse d’Alger. D’autre part, la non-autorisation de la législation algérienne aux opérateurs économiques étrangers d’investir à la Bourse d’Alger constitue « un grand frein» au développement de l’institution, selon Benmouhoub. Concernant la formation des chefs d’entreprise pour faciliter l’accès à la Bourse, le directeur général de l’instance a indiqué avoir mené plusieurs visites de travail dans différentes wilayas avec l’ensemble des chambres de commerce pour vulgariser la notion boursière.
Il dira également que la Bourse d’Alger a signé plusieurs accords de partenariat avec différentes autres Bourses dans le monde, telles celles du Caire, l’Euro Next de Paris ou encore la Bourse de Riyad en Arabie saoudite. Pour rappel, la Bourse d’Alger compte actuellement cinq entreprises cotées, trois privées et deux étatiques. Des entreprises dont le nombre d’actionnaires est estimé à plusieurs milliers, selon le directeur général de la Bourse d’Alger, ce qui porte le capital de l’institution d’Alger de 15 à 45 milliards de dinars, « alors que dans le même temps, la valeur des transactions boursières reste faible», déplore Yazid Benmouhoub.