Hier, mardi, le groupe bancaire britannique a annoncé une vaste réorganisation qui se traduira par la suppression de 35.000 emplois en trois ans, des cessions brutes de 100 milliards de dollars d’actifs, une réduction de sa banque d’investissement et une refonte de ses activités en Europe et aux Etats-Unis.

Le groupe, qui engrange l’essentiel de ses revenus en Asie, est confrontée à de multiples défis, du ralentissement de la croissance de ses principaux marchés à la faiblesse des taux d’intérêt en passant par la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne et désormais l’épidémie de coronavirus Covid-19. « L’issue de ce programme, c’est que nos effectifs vont probablement passer de 235.000 à près de 200.000 au cours des trois prochaines années », a dit le directeur général par intérim de HSBC, Noel Quinn, à Reuters.Une partie de cette baisse se fera naturellement via des départs non remplacés, a-t-il ajouté.
Plus grande banque d’Europe par les actifs, HSBC a aussi annoncé mardi une chute d’un tiers de son bénéfice imposable en 2019, à 13,35 milliards de dollars (12,32 milliards d’euros), un niveau nettement inférieur aux prévisions des analystes qui attendaient 20,03 milliards. Ce résultat est en partie lié à des dépréciations de 7,3 milliards de dollars. Aux Etats-Unis, où la banque souffre depuis des années de la comparaison avec ses concurrentes, HSBC compte améliorer sa rentabilité en fermant environ un tiers de ses 224 agences et en ciblant uniquement une clientèle internationale et aisée. En Europe, l’établissement va réduire son activité commerciale et de recherche sur les actions pour se concentrer sur ses opérations sur le marché primaire. Dans un souci de simplification de sa structure, HSBC a aussi annoncé qu’elle allait fusionner sa division de banque de détail et de gestion de fortune avec ses opérations internationales de banque privée pour donner naissance à l’un des plus grands acteurs mondiaux de la gestion de patrimoine. Même si elle compte réinvestir une partie des sommes économisées, la banque va mettre en place un nouveau plan d’économies de 4,5 milliards de dollars pour ramener sa base de coûts à 31 milliards de dollars ou moins en 2022.
Elle vise un rendement des capitaux propres tangibles (RoTE) de 10% à 12% en 2022 alors que cet indicateur essentiel de rentabilité a reculé l’an dernier à 8,4% contre 8,6% en 2018.  Le groupe avait déjà engagé l’an dernier la suppression de 2% de ses effectifs, soit 4.700 postes. Les contours de la réorganisation qu’il a annoncé hier devrait se traduire par un recentrage en Asie et au Moyen-Orient, jugés plus rentables, au détriment des activités de banque d’investissement en Europe et aux Etats-Unis. La banque envisage de sabrer ses coûts de 4,5 milliards de dollars d’ici 2022, tout en prévoyant dans le même temps des coûts de restructuration d’environ 6 milliards. L’avenir de Noel Quinn, nommé par intérim pour remanier en profondeur le groupe, n’a pas été précisé et la nomination d’un directeur général permanent est toujours attendue. M. Quinn « va conduire les restructurations, et si cela se passe bien, il pourrait être confirmé » dans sa fonction, a indiqué à l’AFP Jackson Wong, du gestionnaire d’actifs Amber Hill Capital. « Mais pour l’heure, (HSBC) cherche toujours quelqu’un capable de garantir sa croissance ». L’Asie reste la région cruciale pour HSBC, qui y réalise la moitié de son chiffre d’affaires. Son bénéfice ajusté avant impôts l’an dernier en Asie a gonflé de 6% à 18,6 milliards de dollars. L’épidémie de coronavirus pourrait cependant assombrir ses perspectives: elle « génère des turbulences économiques à Hong Kong et en Chine continentale, et pourrait peser sur nos performances en 2020 », a prévenu le groupe.