Arrêté à 1 800 milliards de dinars pour l’année 2018, le montant du financement non conventionnel n’a pas été totalement épuisé, a fait savoir lundi dernier le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya.

Lors d’une séance-débat avec les députés à l’Assemblée populaire nationale (APN), consacrée au projet de loi de finances 2019, M. Raouya a expliqué que la situation financière du pays s’est améliorée, permettant ainsi de ne pas mobiliser la totalité du montant de ce fonds destiné à couvrir le déficit estimatif du Trésor. En effet, les indicateurs financiers se sont inscrits, jusqu’à juillet dernier, dans une tendance baissière de 29% du solde total du Trésor par rapport à 2017, soit 214 milliards DA en valeur absolue, a précisé le premier argentier du pays, ajoutant qu’au premier semestre 2018, un montant de 900 milliards DA a été mobilisé pour couvrir le déficit du Trésor.
S’il y a eu amélioration financière du pays, c’est parce qu’il y a eu d’abord augmentation des recettes de l’Etat, a souligné le ministre. Lesquelles recettes ont été boostées notamment par une fiscalité pétrolière qui a connu une augmentation de 335 milliards DA par rapport à l’exercice précédent, a-t-il poursuivi, tout en prévoyant la poursuite de cette tendance haussière qui poussera les recettes fiscales à enregistrer un excédent de 450 milliards de dinars, soit nettement plus que la valeur estimative prévue dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2018. Cet excédent servira à financer le Fonds de régulation des recettes (FRR), a encore souligné le ministre. « Le Fonds sera systématiquement financé une fois le niveau fiscalité inscrit au budget atteint », a-t-il indiqué, soutenant que l’excédent couvrira le déficit budgétaire avant de recourir au financement non conventionnel.
En plus de la fiscalité en hausse, la trésorerie du pays a pu bénéficier d’une stabilisation des dépenses de fonctionnement et d’équipement, si l’on excepte les 500 milliards DA dégagés pour combler le déficit de la Caisse nationale de retraite (CNR), a fait remarquer M. Raouya.
Lors de la même séance-débat à l’APN, le ministre des Finances a également eu à répondre à la question d’un député sur la fixation de la valeur du dinar par rapport à la devise et sur les mécanismes sur lesquels se base cette fixation. Abderrahmane Raouya a indiqué que le PLF 2019 a fixé le taux de change à 118 DA/1 dollar pour la période 2019-2021. Il a expliqué que la politique adoptée pour fixer le niveau du taux de change reflète l’évolution du taux de change du dollar et de l’euro dans les marchés financiers internationaux.
M. Raouya a expliqué, dans ce cadre, que le recul du taux de change du dinar algérien par rapport aux autres monnaies ne conduira pas nécessairement au recul du pouvoir d’achat des ménages, les prix des matières principales étant plafonnés et subventionnés par l’Etat.
Le pouvoir d’achat des ménages est calculé sur la base du taux d’inflation qui demeure « maîtrisé » et qui a atteint 4,7% en septembre 2018, a poursuivi le ministre, imputant ce taux à la politique monétaire adoptée par la Banque d’Algérie (BA) pour relancer les moyens d’absorbation de la liquidité à partir de janvier 2018. Sauf que le taux d’inflation calculé par l’Office national des statistiques (ONS) est régulièrement remis en cause par des analystes et autres experts financiers qui le situent à un taux nettement plus élevé, soit 7%.
Et loin des chiffres et des statistiques des économistes ou encore des assurances du ministre, l’inflation continue à battre son plein quotidiennement sur la place commerciale algérienne réduisant à néant ce que ce que les pouvoirs continuent à nommer « pouvoir d’achat ». <