Du nouveau pour la communauté musulmane, dont algérienne. Grâce aux activités de Saafi, l’assurance Takaful élargit son champ d’action au Maghreb, mais aussi en Europe. Après avoir conseillé des acteurs de la place pour créer la première société Takaful famille en Algérie, Saafi

, conseiller en investissements financiers et courtier en assurances spécialisé dans la finance islamique, se prépare à mettre sur le marché français un nouveau produit, baptisé «Sakina Takaful». Un produit inédit. En Europe, il n’existe aucune garantie de Takaful répondant à ce besoin. Ezzedine Ghlamallah, co-fondateur de Saafi, explique, en exclusivité à «Reporters», que cette nouvelle solution «doit permettre de mieux financer le rapatriement des corps dans les pays d’origine (Algérie, Maroc, Sénégal, Mali, Comores, etc.) de la communauté musulmane de France». La démarche, ajoute-t-il, «a été initiée à la demande d’associations et de pompes funèbres musulmanes établies en France et qui étaient à la recherche de garanties conformes à la chari’a pour financer les rapatriements des corps vers les pays d’origine de la communauté musulmane de France». Répondant à nos questions, Ezzedine Ghlamallah souligne que «le montant du capital garanti choisi par les souscripteurs peut être de 3 500, 5 000 ou 7 000 euros, lequel sera versé à un tiers, le plus souvent les pompes funèbres en charge de réaliser l’inhumation, le reliquat revenant aux héritiers ou versé à des œuvres de charité».

Certification Charia’atique achevée
D’autre part, M. Ghlamallah relève que la souscription à la garantie takaful «exige que la personne décédée soit membre de l’association Bayt al Mel ayant souscrit le contrat collectif Sakina Takaful».
Fournissant davantage de détails, le co-fondateur du cabinet Saafi précise que l’association Bayt al Mel souscrit le contrat collectif Sakina Takaful pour le compte de ses membres, lesquels, à travers leurs cotisations, créent un compte commun non productif d’intérêts. Pour bénéficier de cette formule inédite, «chaque adhérent cotise en fonction de son âge et les excédents techniques (c’est-à-dire quand les cotisations sont supérieures aux sinistres) sont reversées au Fonds d’action sociale de l’association Bayt al Mel». Quant à l’entrée en vigueur dudit produit, M. Ghlamallah souligne qu’il sera finalisé, donc effectif, à partir de 2019. Aujourd’hui, indique-t-il, «nous avons achevé la certification charia’atique, qui a été confiée à l’Isra en Malaisie en raison de la grande reconnaissance dont jouit cette institution dans le secteur», et «il nous reste à mettre en place les process de gestion et à tester la distribution pour être pleinement opérationnels»