La part des produits financiers dits alternatifs, c’est-à-dire conformes aux principes de la charia, ne représentent actuellement que 2% du marché financier national global, a fait savoir hier le Gouverneur de la Banque d’Algérie (BA) Mohamed Loukal.

Intervenant lors d’une journée parlementaire sur la finance islamique, organisée par la commission des finances et du budget de l’Assemblée Populaire Nationale, M. Loukal a avancé dans le cadre d’un exposé consacré à la généralisation des produits alternatifs et la volonté commune de son instituion, des pouvoirs publics et des banques commerciales à y arriver.
Le gouverneur de la BA a également déclaré ces produits sont actuellement commercialisés par deux banques privées au moment où, mettant en exergue l’absence totale de ce créneau des banques publiques qui représentent 87% du marché bancaire. D’où la timidité de l’opération, a-t-il justifié, ajoutant que l’implication de ces banques publiques sera un « tournant décisif » dans la généralisation des mêmes produits.
De son côté, le président de l’ABEF Boualem Djebbar a estimé l’encours des produits financiers dits alternatifs à 200 mds de DA, soit près de 3% de l’ensemble de l’encours des financements bancaires (près de 9.000 mds de DA à fin 2017) et à 16% leur part dans les financements accordés par les banques privées. A noter que le marché financier national compte 29 banques et établissements financiers dont 14 banques et 10 établissements financiers privés représentant ensemble 13% de ce marché.
 Rappelant que la BA a déjà donné son avis de non objection pour trois banques publiques et une privée, sans pour autant les citer, M. Loukal a aussi tenu à préciser que cet avis ne concernait en aucun cas la conformité à la charia islamique qui sera l’apanage d’une instance religieuse nationale relevant du Haut Conseil Islamique (HCI). Présent à la journée, Kamel Bouzidi a, en sa qualité de membre du HCI, annoncé qu’une convention portant création de cette instance sera signée entre le Haut Conseil et l’ABEF.
Pour rappel, en janvier dernier, le président du HCI Bouabdallah Ghlamallah avait annoncé la création prochaine d’une instance religieuse nationale de la finance islamique, composée de spécialistes en jurisprudence dans le domaine de la transaction financière et experts économiques, pour accompagner les établissements bancaires dans la pratique de cette finance.
Pour sa part, Mohamed Koubbi, drecteur général à la BA chargé des crédits et du système bancaire a expliqué que l’avis de non objection de la BA prend en considération quatre critères que sont la séparation totale par les banques entre les produits alternatifs et les produits classiques, l’adoption d’une comptabilité spécifique pour les deux catégories de produits, la formation et la qualification des ressources humaines ainsi que l’information des clients des conditions fixées pour chaque produit. Le même responsable au niveau de la Banque centrale a fait part d’une « certaine ambiguïté » constatée jusque-là pour ce qui est de la compréhension, par les banques, des procédures liées aux produits alternatifs.