Répondant à une question orale lors d’une plénière au Conseil de la Nation, ce jeudi, sur l’introduction de la finance islamique dans les transactions bancaires, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a indiqué que les banques publiques ont pris les mesures nécessaires pour accorder des prêts participatifs, offrir des produits financiers sans intérêt au profit des clients intéressés, à travers l’application de ce que prévoit la loi sur la monnaie et le crédit.

Il a signalé que, pour drainer une épargne informelle, la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance (Cnep) et la Banque de développement local (BDL) proposent désormais des produits d’épargne sans intérêt. Aux côtés du livret d’épargne avec intérêt (classique) il y a, désormais, le livret alternatif (sans intérêt), a-t-il fait savoir. Ajoutant que la Cnep a lancé le produit appelé Idjar pour financer l’acquisition de logements, ajoute l’APS. À ce propos, le produit Idjar, lancé en grande pompe par la Cnep en novembre dernier, n’a pas connu le succès escompté. Cette formule de financement, par laquelle l’établissement public acquiert un logement choisi par le client (particulier) et le lui donne en location en contrepartie du paiement de loyers jusqu’au transfert de propriété au profit du locataire, au terme de la durée de financement, a été jugée prohibitive par les clients à cause des taux pratiqués, supérieurs à ceux appliqués par les établissements conventionnels. Un constat qui rejoint les analyses des experts qui affirment que la principale problématique de la finance islamique réside notamment dans la compétitivité des produits islamiques par rapport aux produits conventionnels.
Une problématique qui doit être prise en compte également lors du lancement d’autres produits participatifs proposés par la BDL et la Banque de l’agriculture et du développement rural (Badr), qui seront lancés durant le premier semestre 2018, selon M. Raouya. Il a par ailleurs précisé qu’il s’agit notamment du Idjar, de la Mourabaha et de la Moucharaka, affirmant que les autres banques publiques vont lancer leurs produits au cours du deuxième semestre de l’année en cours.
Pour rappel, même si les experts jugent la marge de progression de la finance islamique en Algérie encore grande et devant être appuyée par les établissements publics, dont la part de marché domine largement le secteur bancaire, les établissements qui y sont dédiés communiquent des bilans positifs. «Nos produits d’épargne progressent chaque année de 10% minimum, Nous clôturons l’année 2017 avec 12 000 clients s’agissant du financement des biens de consommation», avait déclaré Saïd Karim, chargé du créneau financement de la consommation au sein de la banque El Baraka, lors du dernier salon Expofinance tenu fin 2017. Pour l’Exécutif, il s’agit, à travers la généralisation des produits conformes à la charia, de mobiliser l’ensemble des ressources financières disponibles, quelle qu’en soit la forme. C’est en ce sens que le ministre des Finances a régulièrement appelé les établissements bancaires à diversifier leurs offres de produits financiers, afin d’aller vers toutes les catégories de clientèle pour répondre à leurs demandes particulières, et ainsi investir toutes les niches commerciales disponibles.