Le conseil d’administration du FMI a approuvé une proposition d’utilisation des Principes fondamentaux pour la régulation de la finance islamique (FIPCR). Dans une analyse cosignée avec Christos Alexakis et dont  une copie nous a été transmise, Ezzedine Ghlamallah

, enseignant universitaire et consultant co-fondateur de SAAFI, cabinet de conseil et de formation en finance islamique, explique que la stabilité financière «garantit qu’un système financier résiste aux chocs économiques afin de remplir ses fonctions». En raison de la nature différente des actifs et des passifs des banques, analyse l’universitaire, «un système bancaire islamique devrait être plus stable par rapport à la banque conventionnelle. Néanmoins, un suivi est également nécessaire. Surtout dans un monde financier où les institutions et les produits sont interconnectés et où les phénomènes de contagion peuvent survenir à tout moment». Dans cette contribution, M. Ghlamallah souligne que le secteur de la finance islamique «continue de croître et d’évoluer en taille et en complexité, avec des services bancaires islamiques offerts dans plus de 60 pays». Dans cette optique, il précise que les administrateurs du FMI «ont convenu que la croissance de la finance islamique offre d’importantes opportunités pour renforcer l’inclusion financière, approfondir les marchés financiers et mobiliser des fonds pour le développement en offrant de nouveaux modes de financement et en attirant les populations «non bancarisées» qui « sont actuellement exclues du système financier». Les atouts de ce mode de finance sont légion. Elle devient «attrayante pour les consommateurs à la recherche de produits financiers éthiques et responsables». Aujourd’hui, la tendance actuelle dans le secteur financier conventionnel porte vers la recherche de durabilité, caractéristique principale des produits et services financiers islamiques. A ce sujet, M. Ghlamallah relève que les administrateurs du FMI «ont fait remarquer que les banques islamiques réalisent des opérations comportant des profils de risque et des structures de bilan qui diffèrent de manière importante à certains égards des banques conventionnelles». À ce titre, ils ont appelé à redoubler d’efforts pour renforcer les cadres de réglementation et de surveillance afin de prendre en compte les spécificités des banques islamiques et promouvoir la stabilité financière et un développement pérenne, en particulier dans les pays où la finance islamique est devenue systémiquement importante. La régulation des banques islamiques, note l’universitaire, «doit refléter la nature des risques auxquels ces dernières sont exposées. Quant à l’infrastructure financière nécessaire à une réglementation et à une supervision efficace, «elle nécessite des pratiques régulationnelles supplémentaires ou spécifiques pour gérer les risques inhérents aux opérations bancaires islamiques». D’autre part, le co-fonadateur du cabinet SAAFI souligne que les administrateurs du FMI ont noté que l’utilisation des principes FIPCR «contribuera à renforcer l’impartialité et la cohérence dans la surveillance, la conception des programmes et l’assistance technique. Ils ont estimé que le résultat de ces évaluations sera utile au FMI pour la formulation de ces recommandations et de la prise en compte des spécificités nationales». Par ailleurs, il y a lieu de souligner que les administrateurs ont aussi accueilli favorablement la proposition d’adoption des FIPCR dans les pays où le développement de la finance islamique est inférieur au seuil de 15%. Ils ont estimé que l’adoption des FIPCR «pourrait être soutenue par une assistance technique destinée à aider les nouveaux systèmes financiers islamiques à se développer de manière pérenne». Pour ce faire, seront élaborés d’autres critères «afin de déterminer l’importance du secteur financier islamique d’un pays, au-delà de la simple part de marché». n