La Banque nationale d’Algérie (BNA) a procédé, hier mardi, au déploiement de deux nouvelles agences à Hussein-Dey et Staouali pour commercialiser les produits de la finance islamique, a annoncé un communiqué de la banque. Les deux agences viennent s’ajouter à celle de Didouche-Mourad qui avait été la première à lancer des produits bancaires de la finance islamique, le 4 août dernier.

Selon son PDG, Miloud Ferhati, la BNA aura, d’ici la fin de septembre prochain, 32 agences opérationnelles spécialisées dans la vente de ses produits dits islamiques pour lesquels pas moins de 130 cadres ont été formés. L’ouverture des agences d’Hussein-Dey et de Staouali s’explique après l’«afflux» constaté au niveau de l’agence-pilote de Didouche-Mourad à Alger.
Il s’agirait ainsi d’une démarche d’accélération et de généralisation des produits et services bancaires dits islamiques. Le programme pour la concrétiser indique que la BNA ouvrira cinq agences par semaine à compter du 16 août pour atteindre les 32 succursales prévues. Dimanche, 19 juillet, le ministre des Finances Aymen Ben Abderrahmene avait annoncé la mise en circulation des produits de la finance islamique par des banques publiques, la BNA en premier et déjà sur le marché. Elle sera suivie par la Banque de l’agriculture et du développement rural (Badr).
S’agissant des autres banques, l’argentier avait indiqué qu’elles doivent soumettre les détails de leurs offres au Haut-conseil islamique (haute autorité de la fetwa en Algérie), habilité à émettre un avis religieux quant à l’adaptation de leurs produits aux règles de la charia.
Kamel Bouzidi, membre de l’Autorité charaïque nationale de la fetwa pour l’industrie de la finance islamique avait expliqué à ce sujet, dans un entretien avec l’APS, que la finance islamique garantit la circulation de l’argent «halal» et que ces banques n’accordent pas de crédits avec intérêts. Il a assuré qu’aucun prélèvement d’intérêt pour les services fournis par ces établissements n’aura lieu, ils recevront un certain pourcentage des bénéfices venant des opérations de vente, d’achat, de location et de la «Mourabaha».
Pour rappel, la Banque d’Algérie avait autorisé au mois de mars dernier les banques de la place à mettre sur le marché neufs produits de la finance islamique, comme mesure destinée à éponger l’argent de l’informel non bancarisé pour des raisons religieuses et pour faire face également aux retombées du choc pétrolier. Pour ces produits, il s’agit entre autres de la «Mourabaha» (double vente), la «Moudharaba» (fonds avancés par des dépositaires de capitaux), la «Ijara (crédit-bail) et la « Istisna’a», les comptes de dépôt et les dépôts d’investissement. Le débat sur l’entrée de la finance islamique dans le système bancaire et financier algérien n’est pas récent. Il est devenu récurrent depuis plus d’une décennie et des tentatives ont été faites pour commercialiser ses produits depuis 2014, mais sans résultat concluant.
En sera-t-il autrement cette fois ? Selon les estimations, le volume du marché algérien est évalué à plus de 40 milliards de dollars, voire 60 milliards de dollars, selon certains prévisionnistes. <