Les produits de la finance islamique, lancés officiellement par des banques publiques en août dernier, tardent à ce jour à se généraliser.

Par Bouzid Chalabi
Devant ce constat, le ministre des Finances Aymen Benabderahmane, qui animait hier une journée parlementaire organisée par la Commission des affaires économiques et financières du Conseil de la nation, portant sur la finance islamique, s’est évertué à apporter de nouvelles précisions sur le sujet.
Ainsi, le ministre a d’emblée tenu à faire remarquer à l’auditoire que la finance islamique « est avant tout une revendication sociale et sociétale avant d’être un instrument d’inclusion financière ». Poursuivant que la souscription aux guichets islamiques « garantit un intérêt supérieur » à celui fourni par la souscription classique. Aymen Benabderrahmane a, par ailleurs, précisé que les produits bancaires islamiques en Algérie sont soumis à un certificat de conformité de l’Autorité charia de la fatwa pour l’activité de la finance islamique.
Pour rappel, l’autorité en question délivre la certification de conformité aux banques et aux établissements financiers dans le pays. S’agissant du développement de la finance islamique en Algérie, Aymen Benabderrahmane a fait savoir que le nombre de guichets islamiques sur la place financière du pays est encore faible. « C’est pourquoi il est encore trop tôt pour évaluer l’attractivité de la banque islamique dans la société algérienne », a-t-il confié. A ce propos, le ministre des Finances estime que cela devrait prendre « un peu de temps avant que son usage soit généralisé auprès des citoyens ». A cet égard, le premier argentier a précisé que l’objectif, à terme, est d’atteindre « 320 guichets islamiques à travers tout le territoire national. Le ministre a, lors de son allocution, soulevé la problématique de l’argent circulant dans le circuit informel et dont le montant s’élève à 6 000 milliards de dinars algériens en 2020. « Ce qui pousse à réfléchir sur comment drainer tout au moins une partie dans le circuit bancaire », a-t-il préconisé.
De son côté, le ministre du Commerce, qui a également pris la parole, considère que le produit Takaful «permettra la création d’un véritable marché financier à même de booster l’économie du pays ». Et d’arguer dans ce sens que le financement islamique n’est pas un financement alternatif. « Bien au contraire, il peut contribuer à la relance de l’économie nationale », a-t-il enfin soutenu.
Notons que le ministre des Finances s’est prêté aux questions-réponses des sénateurs convergeant vers l’idée d’accélérer la généralisation de la finance islamique, notamment les produits qui intéressent de nombreux citoyens.