Ce soir (20h00), après trois semaines de compétition, se clôturera la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier – 05 février au Gabon).

On saura qui de l’Egypte ou du Cameroun convolera en justes noces avec une Dame Africaine qui a, finalement, voulu être étrennée par un mastodonte au passé glorieux ayant du vécu footballistique. Les deux prétendants du jour compilent 11 succès dans la messe continentale. L’avantage est pour les Egyptiens qui ont été couronnés à 7 reprises contre 4 pour les Camerounais. Après avoir traversé le trou d’air, les deux prédateurs ont fini par retrouver l’appétit mais un seul dégustera le festin de la gloire.

C’est à Franceville que tout à commencer. Et c’est là-bas que sera le clou du spectacle. Un match de clôture avec une affiche des plus prestigieuses. Des étoiles pleins les yeux et l’apothéose promise au vainqueur de cette 31e édition de la CAN que le Gabon a remarquablement abritée malgré toutes les craintes et les contraintes. Egypte – Cameroun, une opposition qui vaut certainement le détour. Du vécu et de la tradition pour deux postulants au sacre final qui veulent parfaire les contours d’une inattendue rédemption. En effet, malgré des pedigrees lourds, il n’y a pas beaucoup de personnes qui avaient misé sur la présence des «Pharaons» et des Lions « Indomptables » à ce stade de la compétition phare en Afrique. Après avoir débuté le tournoi sur la pointe des pieds, les deux finalistes ont pu retrouver une démarche plus ferme que leur ont conféré leur passé ainsi que le petit coup de pouce du destin par moment. Les deux ont échappé à la « roulette russe » une fois. Pour arriver à ce stade, le Cameroun s’est extirpé à la seconde place de la poule « A » qui regroupait le Gabon, nation organisatrice, ainsi que le Burkina Faso et la Guinée-Bissau. Par la suite, les quadruples champions d’Afrique se sont défait, à la surprise générale, du Sénégal (0-0/ 5 t.a.b 4), qui était archi favori pour soulever le trophée, avant de s’offrir le scalp du géant ghanéen (victoire 2 buts à 0) en demies. Un vrai parcours de « Lion» pour une équipe ayant subi le lifting des contretemps avant de rallier les terres d’Ali Bongo. En effet, certains joueurs, et pas des moindres, avaient renoncé à vivre cette campagne africaine. Ceux qui avaient décliné les convocations pour le rendez-vous biennal sont Joel Matip (Liverpool) et Zambo Anguissa (Marseille), les gardiens Andre Onana (Ajax Amsterdam) et Guy Roland Ndy Assembe ainsi qu’Allan Nyom (West Bromwich Albion), Ibrahim Amadou (Lille) et Maxime Poundje (Bordeaux). Un creux vite comblé moyennant un inédit groupe de 23 concocté par le sélectionneur Hugo Broos ayant su passer outre ses défections qui auraient pu vouer cette aventure à l’échec cuisant. Comme ce fut le cas en 2015 lors de la séquence organisée par la Guinée-Equatoriale. Au final, c’était un mal pour un bien puisque ce fâcheux épisode a permis l’éclosion de certains talents qui n’auraient pas pu laisser exprimer leurs potentiels en la présence des éléments précités. On pense ici au portier Fabrice Ondoa, Christian Bassogog, élu homme du match contre le Ghana en demies, outre Edgar Salli. Un concours de circonstances qui aura finalement été bénéfique aux héritiers de Roger Mila. La fougue a permis au groupe de se sublimer et d‘être solidaire lorsque le jeu a fait défaut. Il faut dire que la troupe à Broos ne produit pas un football plaisant et séduisant. Elle a néanmoins su être efficace et froide de réalisme quand il le fallait pour offrir au pays sa 7e finale. A l’image de l’adversaire du jour d’ailleurs.

La balance historique penche pour les «Pharaons»
Loin d’être étincelante dans le jeu, l’Egypte a pu compter sur la robustesse de sa dernière ligne pour durer dans la 23e CAN de son histoire. Un verrou qui n’a sauté qu’une seule fois en 5 rencontres. Cette défense hermétique y est pour beaucoup dans cette renaissance des «Pharaons». Après leurs trois retentissants triomphes entre 2006 et 2010, les septuples champions d’Afrique ont vu leur notoriété stopper net. Trois absences de l’épreuve (2012, 2013 et 2015), les Egyptiens renouent avec cette date footballistique prestigieuse en ralliant la finale pour la 9e fois égalant les «Black Stars » dans ce registre. Outre ces chiffres ébouriffants, les camarades du dernier rempart Essam El-Hadary, qui disputera sa 4e finale à 44 ans (record de longévité), sont redoutables d’efficacité lorsqu’ils jouent pour être primés. La sélection n’a pas trop l’habitude de perdre si près du but. Sept succès en 8 tentatives pour soulever la coupe dont deux contre les homologues du jour lors des opus de 1986 et 2008. Pour ce qui est du bilan global des confrontations directes, il est en faveur de la sélection nord-africaine avec 10 victoires, 5 défaites, 7 matchs nuls en 22 oppositions.
Dans la CAN aussi, l’avantage est pour «Oum El Dounia» avec 5 succès, 3 défaites et 1 nul. On soulignera, surtout, que les 3 dernières fois où les deux teams s’étaient rencontrés en phase finale, le dernier mot était revenu aux représentants du «pays des pyramides ».
L’ascendant psychologique sera donc du côté de la bande à Hector Cúper qui tentera de briser une malédiction qui lui colle à la peau de driver. Le technicien argentin a vécu des désillusions aux portes du bonheur. On notera ses 3 finales européennes perdues (2 Ligues des Champions avec le FC Valence en 2000 et 2001 et une Coupe des Vainqueurs de Coupes avec Majorque en 1999), deux finales de coupes nationales (Coupe d’Espagne avec Majorque en 1999 et de Grèce sur le banc d’Aris Salónica en 2010) ainsi que deux titres de champion cédés lors de l’ultime journée. Contrairement à l’ancien entraîneur de l’Inter Milan, les Egyptiens pêchent rarement quand il s’agit de finir le travail. Est-ce leur bénédiction qui touchera leur coach ou c’est la malédiction de ce dernier qui les privera de prendre le « grand huit » ? Le verdict tombera ce soir à l’issue de ce duel dantesque.