Par Nadir Kadi
A moins d’une semaine des élections locales anticipées et dans un contexte politique marqué, mercredi dernier, par l’adoption à l’APN de la loi de finances 2022, où le système des subventions sociales est largement redéfini, le parti RCD, à l’issue de la session mensuelle ordinaire de son secrétariat national, a estimé, hier, que la nouvelle loi de finances allait «amplifier la dépréciation du dinar » et permettre que l’on «rogne sur les transferts sociaux indirects (santé, éducation, logement…)». En ce sens, le RCD, qui avait boycotté les dernières élections législatives, a dénoncé le vote des députés, qui auraient voté, selon le parti, «la fin des subventions généralisées sur les produits de base» dans le but de «gonfler artificiellement» les recettes de l’Etat.
En effet, dans un long communiqué publié dans la journée d’hier, le RCD, extrêmement critique envers la politique du gouvernement, estime que les dispositions de la LF 2022 seraient un moyen de masquer la situation économique du pays : «Le gouvernement programme dans sa loi de finances 2022 l’amplification de la dépréciation du dinar pour gonfler artificiellement les recettes provenant des hydrocarbures au détriment du pouvoir d’achat.» Et le Parti politique ajoute dans la même logique que l’objectif derrière la redéfinition du système des «transferts sociaux indirects» serait également de «combler les déficits».
Ainsi, dans une lecture à la fois économique et politique de la situation du pays, le RCD, dans un discours proche du tract politique, déclare : «Le système politique qui a dilapidé les richesses du pays et appauvri ses potentialités promeut une politique qui vide le pays de sa jeunesse la plus instruite et la plus dynamique, réprime ses citoyens qui refusent le déclassement et le fait du prince et jette des pans entiers de la population dans la précarité et la misère.»
Quant aux prochaines élections locales du 27 novembre, le RCD, qui avait également fait le choix du boycott, a estimé, hier, que les conditions légales pour l’organisation du scrutin n’étaient pas remplies : «Le durcissement du dispositif répressif, symbolisé par l’exploitation de l’article 87 bis, sert aussi à brimer les syndicats et à interdire toute action de protestation des populations.» Ainsi, parlant de «criminalisation de l’action politique», le RCD qualifie déjà la prochaine échéance de «simulacre» : «De fait, le simulacre électoral du 27 novembre, en plus d’être illégal, achève le processus de discrédit des institutions entamé en décembre 2019.» En ce sens, il est, en substance, précisé que les situations économiques et politiques font «le lit de la crise multidimensionnelle que nous vivons aujourd’hui» et «impactent le pays sur tous les plans. Au plan diplomatique, les conséquences de cette politique sont déjà visibles. L’isolement du pays et son peu d’influence dans les institutions internationales sont le meilleur indicateur».
Le communiqué du RCD, parti présidé par Mohcine Belabbas, apparaît également comme un appel à resserrer les rangs du mouvement. Ainsi, tout en annonçant les «préparatifs du sixième congrès», le texte du RCD ajoute que ce congrès sera un «moment important de la vie» du Rassemblement, en ajoutant que le rendez-vous «se déroule dans une conjoncture faite de reniements et de régression imposés par un régime inique qui joue sa survie». Le même communiqué permet également «aux différentes structures du parti» la communication «d’une note incluant les différentes étapes de la préparation du congrès».