Les minotiers ont appris avec beaucoup d’appréhension qu’ils devront désormais payer à son prix réel leur principale matière première, à savoir le blé tendre. Comme l’a annoncé le ministre de l’Agriculture Abdelhamid Hemdani lors de son audition au Conseil de la nation relative à la feuille de route de son secteur.
Les minotiers espèrent tout de même que l’exécution de cette décision soit retardée afin de s’adapter à cette nouvelle disposition. C’est du moins ce que quelques-uns ont témoigné à Reporters. Mais il est clair que la subvention sur les blés de trituration accordée aux minotiers se devait d’être suspendue tant cette contribution de l’Etat a plutôt servi aux minotiers car tirant de gros profits.
Il y a lieu de rappeler que cette catégorie d’opérateurs industriels n’en est pas à
sa première mesure de restriction dans ses activités. En effet, au courant de l’année écoulée, le gouvernement en place avait décidé de mettre fin à la subvention sur le blé dur et tendre destiné à la fabrication des farines et des pâtes. Mais l’exécutif, après avoir constaté une hausse des prix à la consommation des produits dérivés des céréales, avait décidé de suspendre ladite décision. Du coup, on peut se demander si ce sera aussi le cas sur la décision de vendre le blé tendre aux minotiers à son prix réel. Une hypothèse qui tient la route car on voit mal un minotier privé de cette subvention de ne pas revoir à la hausse ses prix sortie d’usine des produits à base de blé tendre. Ce à quoi nos locuteurs ont évité de confirmer. Ces derniers nous avouant par contre qu’ils n’écartent pas de réduire leur volume de productions «car au prix réel du blé tendre, notre trésorerie ne saurait supporter le surcoût d’achat de blé tendre pour une longue durée. Nombreux d’entre nous vont se limiter à produire moins ou se limiter à ne travailler qu’avec du blé dur» se rejoignent à dire des minotiers».
Ce faisant, il faut dire que si cette hausse venait à voir le jour sur les étals du commerce du détail ce serait la seconde en l’espace de deux mois. En effet, les consommateurs ont été surpris d’apprendre en décembre dernier de leur épicier du coin une hausse des prix notamment sur les pâtes alimentaires, produit alimentaire à base de blé tendre, notamment la farine conditionnée ou en vrac. Toujours est-il qu’on peut se demander si ladite mesure intervient par souci de réduire le montant consacré par l’Etat pour maintenir sa politique de subvention sur les produits de large consommation. Cela en a tout l’air puisque le ministre de l’Agriculture Abdelhamid Hemdani a justifié la décision, lors d’une audition organisée par la commission de l’agriculture et du développement rural du Conseil de la nation, de réduire la facture d’importation du blé tendre (-400 millions de dollars). Le ministre avait souligné que l’Etat continuera à subventionner le pain. Quant aux autres produits fabriqués à base de blé tendre, les producteurs devront payer son prix réel. L’Algérie importe pour 164 milliards de dinars de blé tendre destiné à la fabrication du pain. Les mesures de renforcement de sa production et de contrôle de l’utilisation de la partie subventionnée permettront d’économiser 36 milliards de dinars.
Dans ce cadre, un cahier des charges a été mis en place entre les minoteries, les boulangeries et l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et les quantités destinées aux boulangeries et aux grossistes seront contrôlées.
En somme, cela voudrait que pour arriver à réduire cette facture d’importation, le ministère compte à la fois multiplier la production de blé tendre et de même obliger les minotiers à s’impliquer dans cette démarche. Pour l’heure il s’agit de savoir comment vont réagir les minotiers. C’est la toute la question ?