C’est aujourd’hui 31 août que prend fin la phase de déconfinement progressif ayant débuté le 15 du mois et qui avait concerné l’ouverture des plages, des mosquées, des lieux de loisirs, des cafés et restaurants. Une ouverture considérée comme une bouffée d’oxygène par les Algériens qui ont au moins pu profiter, tant bien que mal, de la fin des vacances après avoir été astreints à au confinement depuis mars dernier en raison de la pandémie de coronavirus.

Quinze jours après cette ouverture, la courbe épidémique se trouve actuellement dans «une situation de plateau», avec un nombre de nouveaux cas de coronavirus qui a diminué petit à petit à petit, en se stabilisant sous la barre des 400 cas par jour depuis plus d’une semaine. Une stabilisation que les professionnels de la santé relativisent, toutefois, en avançant qu’il faudra attendre encore quelques jours pour connaître le résultat de l’ouverture des mosquées, des plages et autres lieux de loisirs et de détente, tout en continuant de recommander qu’il faut rester vigilant et respecter les gestes barrières.
«Actuellement, on peut dire que nous sommes dans une situation de plateau de la courbe épidémique. La baisse des contaminations au Covid-19 est une bonne nouvelle et démontre que les Algériens prennent de plus en plus conscience qu’ils doivent se protéger contre le virus. Nous constatons aujourd’hui que de plus en plus de personnes portent le masque, même si cela n’est pas encore complètement respecté», a estimé Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’ordre des médecins. Il a expliqué que les bilans communiqués comptabilisaient la période antérieure à l’ouverture des lieux susmentionnés et concernaient ceux de l’Aïd El Adha. Pour lui, «les chiffres ont diminué du fait que les Algériens aient probablement pris conscience du danger que représente le coronavirus et qu’ils se soient rendus compte de la nécessité et de l’obligation de respecter les gestes barrières. Pour les chiffres communiqués actuellement, il s’agit de ceux de l’Aïd El Adha. Quant à ceux concernant l’ouverture des mosquées et des plages, ils seront comptabilisés dans une quinzaine de jours», a indiqué Dr Bekkat Berkani, qui est également membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus.
Mais loin d’afficher un satisfecit beat, il continue de mettre en garde contre un éventuel retour en force des contaminations si les gestes barrières ne sont pas rigoureusement respectés, affirmant que «l’Algérie n’est pas à l’abri d’une recrudescence ou d’une flambée des cas, comme cela se passe actuellement dans de nombreux pays européens qui sont revenus à des chiffres où la pandémie était à son paroxysme».

Ouverture de l’espace aérien : «une équation difficile»
A propos de la recrudescence de la pandémie dans les pays européens, notamment dans ceux avec lesquels l’Algérie a des liaisons aériennes ou encore maritimes, Dr Bekkat Berkani a estimé que «ce qui nous a sauvés au début, c’est que nous avions fermé nos frontières aériennes et maritimes, car il faut se rappeler que les premiers cas Covid en Algérie ont été importés. Maintenant, le fait que nous n’ayons pas encore ouvert l’espace aérien nous sauve encore». Il s’explique : «Imaginez que nous ouvrons cet espace avec un pays dans lequel nous avons une forte communauté, comme la France avec laquelle nous avons un nombre important de vols quotidiens, ou avec un autre pays où il y a également une communauté algérienne, on assistera certainement à une pluie d’Algériens qui viendront au pays et qu’il faudra confiner pendant quelques jours pour être sûr qu’ils ne soient pas porteurs de Covid-19. Ce sera une situation très difficile et on ne peut pas continuer à confiner les milliers de voyageurs qui viennent». Pour le membre du Comité scientifique, «il s’agit pour l’Algérie de ne pas retourner en arrière et de préserver ce qui a été réalisé dans le combat contre le coronavirus», à savoir garder les chiffres bas, faire barrage à la transmission et, par conséquent, éviter la recrudescence tant redoutée. Dr Bekkat Berkani reconnait, néanmoins, que «l’ouverture des frontières aériennes constituera, sans aucun doute, une équation difficile pour les autorités qui doivent veiller à la santé publique avant tout».
Maintenant que la population est revenue à «une vie presque normale, avec les ouvertures que nous avons eues, que ce soit les plages, les mosquées, les parcs de loisirs, les cafés et autres, la question qui se pose c’est par rapport à la rentrée sociale avec l’ouverture des écoles, universités, etc. ça reste un grand point d’interrogation», a estimé notre interlocuteur, selon lequel «ce que nous avons à faire, c’est de nous en tenir aux gestes barrières».
Par ailleurs, des secteurs d’activités sont toujours dans l’attente de la reprise de leur activité qu’ils souhaitent voir parmi les mesures que devra annoncer le gouvernement dans la prochaine phase de déconfinement, dont ceux des transports interwilayas et des commerces de spiritueux. Il y a également les citoyens qui veulent voir une reprise des transports urbains durant les week-ends, à l’instar des bus et des tramways, ces derniers étant suspendus depuis le 10 juillet dernier. Les usagers se disent pénalisés par la non-reprise de ces transports le week-end, tandis que la réponse des autorités est que ces mesures entrent dans le cadre des mesures sanitaires.