*La facture d’importation dans les filières textile et cuir en Algérie avoisine actuellement quelque 7 milliards de dollars. C’est ce qu’a affirmé hier Amar Takdjout, membre de la Fédération nationale des travailleurs du secteur textile et cuir (UGTA). Ce dernier a ajouté que les entreprises nationales détiennent moins de 6 % des parts du marché national.

Dans la filière textile, Takdjout a indiqué que le pays importe 500 millions de mètres linéaires alors qu’il n’en produit que 40 millions. A ses yeux, les entreprises nationales sont loin de satisfaire les besoins du marché national dont l’essentiel est importé alors que les pouvoirs publics ont tracé comme objectif «une couverture de 50%» des besoins par le marché national, note le syndicaliste. Le marché du textile reste prometteur et en demande de qualification pour sa relance afin de parvenir aux objectifs tracés par les autorités publiques. Même la mise en place de l’usine de Relizane, dont il est prévu d’orienter 40% de la production à la consommation nationale et 60% pour l’exportation, n’est pas suffisante. Takdjout estime que ce qui manque n’est pas uniquement la construction de manufactures, car celles existantes sont obligées « d’augmenter leur production pour plus d’efficience ». L’enjeu pour l’Etat est de diversifier l’économie nationale et réduire le coût de la facture d’importation. Les autorités proposent également d’appuyer les unités de production par la mise en place des écoles de création et de mode. «On accuse un retard énorme en ce qui concerne la création. On devrait avoir des écoles pour confectionner nos habits et ne pas attendre que les autres pays nous vendent leurs produits». Takdjout cite entre autres les sortants des écoles des beaux-arts et les créateurs de modes et de design auxquels il faut octroyer « un espace dans lequel ils peuvent exprimer et concrétiser leur savoir». S’agissant du marché de la chaussure, il fait savoir que 80 millions de paires de chaussures ont été commercialisées sur le marché algérien. Selon El Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), 90% des chaussures commercialisées sont importés. Les entreprises nationales détiennent moins de 10% des parts du marché algérien de la chaussure ». Selon Takdjout, il est primordial de «relancer l’industrie du cuir et du textile». Sur l’opération de collecte des peaux d’ovin, de bovin et de caprin issues de l’abattage des sacrifices de l’Aïd El-Adha, le syndicaliste a salué l’initiative du ministère de tutelle et conseillé aux autorités compétentes de lancer une telle initiative un peu plus tôt et ne pas attendre la veille de la célébration de la fête du sacrifice. «Sur les 500 000 peaux récupérées, une grande partie a été esquintée et abimée », dira-t-il.
La liste des métiers à haute pénibilité finalisée
Sur un autre plan, la commission scientifique composée de médecins et de professeurs spécialisés dans la médecine du travail a finalisé son travail consistant à « définir les métiers à haute pénibilité », a ajouté Amar Takdjout. Il a expliqué que la centrale syndicale UGTA a établi « deux listes », une pour les métiers pénibles et une autre pour les métiers à haute pénibilité. Selon lui, l’UGTA a pris tout le temps nécessaire pour arrêter la liste et réaliser un dossier consistant en étudiant les cas et conditions d’exercice de chaque profession. Pour rappel, les professions qui seront déclarées métiers de haute pénibilité auront le droit à la retraite anticipée, que le gouvernement a décidé de supprimer en 2016. Toutefois, la nomenclature des métiers à haute pénibilité, selon des observateurs, risque de faire des « mécontents et provoquer une grogne » des travailleurs dont la profession n’est pas concernée.n