Le  secrétaire général de l’UNPA, Mohamed Alioui, estime que l’importation de poudre de lait ne sert pas les intérêts des éleveurs, mais d’une «mafia» qui veut la levée des subventions de l’Etat aux producteurs locaux.

À peine installé dans ses fonctions, le nouveau ministre du Commerce est appelé à se prononcer sur les perturbations que connait depuis plusieurs semaines déjà la distribution du lait en sachet. Le premier à avoir interpellé Saïd Djellab sur ce dossier est le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA). De Bouira, où il se trouvait en visite de terrain, jeudi dernier, Mohamed Alioui a souhaité que le ministre durcisse le contrôle de la distribution du produit et n’a pas hésité à désigner les coupables : en l’absence de contrôle, des entreprises, des hôtels, des restaurants et cafétérias cherchent, à chaque fois, à s’approvisionner en grandes quantités et créent des perturbations dans la distribution de ce produit de première nécessité, a-t-il déclaré, selon l’APS. D’après M. Alioui, les responsables de l’indisponibilité du lait en sachet et la tension persistante sur son commerce sont les utilisateurs industriels qui profitent de son bas prix pour réaliser des profits. Le contrôle du circuit de la distribution «revient d’abord au ministère du Commerce qui doit durcir les mesures de contrôle. Nous souhaitons que le nouveau ministre du Commerce, Said Djellab, qui connaît bien cette situation, prenne en charge ce dossier et apporte des solutions à ce problème», a insisté le numéro un de l’UNPA. «Il faut qu’il y ait un travail sérieux avec les producteurs de lait, ainsi que des facilitations afin d’organiser cette filière avec le ministère de l’Agriculture», a-t-il ajouté avant de dénoncer une «mafia et des bandits qui veulent que l’Etat suspende ses subventions et son soutien pour les agriculteurs afin de servir leurs intérêts». Ainsi M. Alioui recentre le débat sur le dossier plus complexe encore de l’aide de l’Etat aux éleveurs et estime que ce sont eux qui sont ciblés. «L’importation de la poudre du lait ne constitue pas une solution à ce problème et décourage la production locale», a-t-il jugé, considérant qu’il est «indispensable de mobiliser les potentialités nationales en matière d’élevage bovin et de cultures fourragères notamment dans les Hauts-Plateaux». Sur un autre registre, le numéro un de l’UNPA, a, une nouvelle fois, appelé à protéger les terres agricoles de toute tentative de «marchandage», proposant l’amendement de la loi fixant les conditions et les modalités d’exploitation des terres relevant du domaine privé de l’Etat. «Il est plus que nécessaire d’amender la loi 010-2010 du 15 août 2010, car elle ne garantit pas les acquis pour l’Etat algérien. Elle doit être amendée et revue de façon à préserver les acquis et à protéger le secteur de l’agriculture et les agriculteurs contre les tentatives de fraude ou de corruption», a-t-il lancé. L’amendement souhaité, a-t-il expliqué, servira à «lutter davantage contre les tentatives de vente des terres agricoles ou de leur détournement de leur vocation initiale». «L’UNPA est déterminée à lutter contre toute tentative de vente de terres agricoles ou de sous exploitation», a-t-il prévenu.