La Fifa a annoncé, vendredi, l’exclusion à vie de toute activité dans le football (administrative, sportive ou toute autre) aux niveaux national comme international», du président de la fédération brésilienne (CBF), Marco Polo Del Nero

, pour des faits de corruption. Outre cette sanction, Del Nero devait, aussi, s’acquitter d’une amende d’un million de francs suisses (835.200 EUR), ajoute l’instance du football mondiale. Del Nero (77 ans) a été condamné par la justice interne de la Fifa (chambre de jugement de la commission d’éthique) pour avoir reçu des pots-de-vin de la part de sociétés de marketing sportif en échange de l’octroi de juteux contrats de droits TV sur des tournois sud-américains (Copa America, Copa Libertadores et Coupe du Brésil). Le Brésilien a été convaincu d’avoir contrevenu aux articles «corruption», «offrir ou recevoir des cadeaux ou autres bénéfices», «conflit d’intérêt» et manque de «loyauté» du code d’éthique de la Fifa. Del Nero avait pris officiellement les commandes de la CBF en avril 2015, soit peu avant l’arrestation spectaculaire de sept responsables de la Fifa à Zurich fin mai – y compris son prédécesseur José Maria Marin – qui avait marqué le début du scandale marquant la pire crise de l’histoire de l’entité. La chambre d’investigation de la commission d’éthique de la Fifa avait ouvert une enquête à l’encontre de Del Nero le 23 novembre 2015. Il a été suspendu à titre conservatoire le 15 décembre 2017. Cet avocat de profession fait par ailleurs partie des nombreuses personnalités du foot sud-américain visées par les enquêteurs américains dans le cadre de ce scandale. Fin novembre 2015, Marco Polo Del Nero avait démissionné du Comité exécutif de la Fifa, peu avant d’apparaître dans le collimateur du FBI. Il a toujours nié les faits dont l’accuse la justice américaine. Après les arrestations de 2015, elle a accusé 42 personnes, dont Del Nero, d’avoir participé à un schéma de corruption généralisée touchant essentiellement le football sud-américain. Ce dirigeant, qui s’était mis en réserve quelques mois en 2016, n’a jamais été arrêté au Brésil. Cessant de voyager, il a gagné dans son pays le surnom ironique de «Marco Polo qui ne voyage pas». Selon des témoins appelés à la barre lors du procès en décembre dernier à New York, Marin et Del Nero se sont partagé plus de six millions de dollars de pots-de-vin. Seules trois de ces 42 personnes étaient au banc des accusés à New York: Marin, Juan Angel Napout (ex-président de la Fédération paraguayenne et de la Confédération sud-américaine Conmebol) et Manuel Burga (ex-dirigeant de la  Fédération péruvienne). Deux, Marin et Napout, ont été jugés coupables et placés en détention. Les autres ont soit plaidé coupable et attendent leur sentence, soit été jugés dans leur pays. D’autres encore ont réussi à éviter leur extradition aux Etats-Unis, à l’image de Del Nero ou de l’ancien vice-président de la Fifa Jack Warner, de Trinité-et-Tobago