En tenant vendredi son congrès extraordinaire, qui a consacré l’élection de la liste conduite par Hakim Belahcel au détriment de celle d’Ahmed Djeddai pour mener l’Instance présidentielle (IP), le Front des forces socialistes (FFS) a pu surmonter la crise organique dans laquelle il pataugeait depuis plus d’une année, où deux ailes du parti se donnaient une guerre d’accusations.

«Le FFS vient de franchir une étape importante de son histoire. La réussite du congrès national extraordinaire d’aujourd’hui est l’oeuvre monumentale de l’ensemble des militantes et militants du FFS. Nous saluons tous les congressistes et l’ensemble des candidats issus des deux listes engagées dans cette compétition transparente et démocratique», a réagi M. Belahcel à l’issue de ce congrès dont la préparation et la programmation avaient fait l’objet de critiques.
«Demain sera déjà le début de notre mission pour réhabiliter la place du FFS, redonner confiance à tous nos vaillants militants et préparer, au bout, un congrès national rassembleur et historique», a-t-il ajouté. A l’évidence et en plus de sa mission de préparer, dans un délai raisonnable ne dépassant pas une année, le congrès national «rassembleur et historique», la nouvelle direction du FFS où figure deux membres de la défunte IP, Brahim Meziani et Soufiane Chioukh, aura manifestement la lourde mission de redonner confiance aux militants du parti.
Les péripéties de ce congrès extraordinaire, marqué en termes de chiffres par une participation faible, ne disent pas moins une rupture de confiance entre la base militante et le sommet du parti et les congressistes qui n’ont pas jugé nécessaire de se rendre à Zéralda légitiment leur «boycott» par ce qui a été fait des résultats des derniers congrès (2013 et 2018) où les équipes élues se sont donné plus à des règlement de compte personnels et claniques. Autrement dit, la nouvelle direction du FFS est censée savoir ce qu’il ne faudrait pas faire au risque de reproduire les mêmes erreurs avec leurs lots de marginalisations, d’exclusions et de radiations des cadres du parti.
D’autant plus qu’elle compte deux membres de l’ancienne IP qui aura échoué dans sa mission, de l’aveu de nombreux cadres du parti, d’où le nouveau défi qui s’offre désormais à Brahim Meziani, de la fédération de Béjaïa, et à Soufiane Chioukh de la fédération de Constantine, d’asseoir une Instance à la hauteur des aspirations des militants et en phase avec le parcours du FFS.
Dans sa note de campagne adressée aux congressistes à la veille des assises, la liste menée par Belahcel ne semblait pas ignorer la difficulté de la tâche qu’elle héritera à la tête du parti en évoquant la nécessité de «retrouver la légitimité, restaurer l’autorité, rétablir la confiance et ramener la sérénité entre les militants». La même note proposait également un «bannissement» de la logique d’affrontement et d’exclusion, «la médiation et la conciliation doivent prendre le pas sur la répression par l’exclusion», c’est-à-dire l’exact contraire de ce qui a dominé durant ces dernières années.
Au sujet de l’orientation politique qu’elle imprimera au plus vieux parti de l’opposition, l’IP n’aura pas la partie facile d’autant plus que le FFS a considérablement laissé des plumes ces dernières années à force de s’être embourbé dans des crises internes qui ont négativement impacté le rôle qui était le sien sur l’échiquier politique.
«L’impératif organique ne doit pas prendre le dessus sur le défi politique pour redonner au FFS la place qui lui revient sur l’échiquier politique national, notamment en cette conjoncture d’éveil collectif et de mobilisation pacifique extraordinaire de notre peuple, déterminé à reconquérir sa souveraineté», a relevé Belahcel et ses colistiers dans leur lettre de candidature. Sur le terrain politique, c’est notamment la question de l’engagement du FFS au sein du Pacte de l’alternative démocratique (PAD) qui constituera la première équation à résoudre pour l’IP.
C’est à l’aune de cette équation que sera vérifiée vraisemblablement la possibilité pour le FFS de retrouver sa sérénité, sa cohésion et sa disponibilité au compromis, car au vu des avis et opinions exprimés depuis l’avènement du PAD, il y a au sein du FFS des voix favorables à des alliances dans l’action, mais il y a aussi des voix opposées à toute idée de coordination et de concertation avec les autres partis du courant démocratique… n