Le Front des forces socialistes (FFS) ne conçoit pas de dialogue sans un climat favorable qu’il continue de réclamer des tenants du pouvoir. C’est ce qu’a réitéré, hier à Alger, sa délégation à la rencontre de concertation entre «les dynamiques de la société civile, les partis politiques et les personnalités nationales».
Composée de Mohamed Hadj Djilani, conseiller du 1er secrétaire et de Me Nora Mahiout, secrétaire national aux affaires juridiques, la délégation du FFS a insisté pour «la création d’un climat favorable pour favoriser le déroulement et le succès d’un dialogue véritable».
Nul doute qu’un «véritable dialogue» pour le vieux parti de l’opposition est celui qui passe par la satisfaction de certaines revendications qu’il ne cesse de réclamer depuis le début de la crise politique et institutionnelle que traverse le pays.
Il s’agit pour le même parti de la libération des détenus politiques et d’opinion, l’ouverture des champs politique et médiatique, l’arrêt immédiat du bradage des ressources nationales, le départ des symboles du régime et la disqualification des institutions factices du pouvoir sont des préalables indispensables à prendre en considération.
Dénonçant, par la même occasion, «le silence intriguant et irresponsable de certains partis, organisations et autres personnalités face aux abus autoritaires du pouvoir», le FFS dit condamner «énergiquement la répression engagée contre les paisibles manifestants et l’arrestation de l’un des symboles vivant de la révolution en la personne de Si Lakhdar Bouregaâ».
Pour le FFS, «aucune volonté politique sincère et véritable n’est perceptible de la part du pouvoir», ce qui a étouffé «l’espoir d’une sortie de crise porteuse de tous les dangers pour le peuple et la nation».
Le parti regrette en effet «la mise en place d’un dispositif répressif et draconien contre les manifestations pacifiques et la multiplication des représailles judiciaires et policières contre des manifestants issus du milieu politique, associatif, syndical ou médiatique..»
Le FFS reproche également au pouvoir politique d’opter à «un autre simulacre de dialogue, dont les acteurs, les instigateurs, les tenants et aboutissants œuvrent indéniablement à la pérennité du régime et de ses pratiques».
Le plus vieux parti de l’opposition ne se fait point de doute que le pouvoir tente de donner «une autre façade à sa citadelle hégémonique en imposant une autre duperie électorale» alors que le peuple avait rejeté deux rendez-vous électoraux successifs en l’espace de 4 mois. «Les décideurs ne devraient pas s’obstiner à rééditer une autre mascarade électorale sachant qu’elle sera boudée et rejetée comme les précédentes», avertit le FFS.
Raison pour le parti de réitérer «son engagement et sa détermination à construire avec les forces démocratiques qui luttent pour le véritable changement dans le pays, un dialogue sérieux, inclusif, responsable et sincère pour mettre fin aux monologues, aux simulacres et à la politique du fait accompli».
Et de rappeler que les initiateurs de ce projet politique de sortie de crise organiseront à la fin de ce mois une convention thématique autour de ce pacte politique et de considérer cette démarche de concertation et d’échange politique comme «une véritable chance pour trouver une issue rapide à la crise multiforme» que vit le pays.