Le Front des forces socialistes (FFS) mobilise ses troupes en vue de l’agenda électoral, les législatives en premier; un exercice qu’il a débuté hier dans son fief électoral, Tizi Ouzou, à travers une campagne explicative sur sa décision d’y prendre part, prise à l’unanimité par son conseil national, réuni en décembre 2016.

Au « front », le premier secrétaire national, Abdelmalek Bouchafa, a appelé hier tous les militants du parti à se mobiliser afin de réussir leur participation aux prochaines élections législatives.
Dans son discours prononcé à l’occasion de la session ordinaire de la fédération de Tizi Ouzou, M. Bouchafa a signalé que l’objectif de l’entrée en lice du FFS pour les prochaines échéances « n’a pas pour objectif de rafler un maximum de sièges, mais plutôt de se rapprocher des citoyens, des espaces syndicaux et associatifs et faire entendre la voix du consensus national ». Pour ce faire, il demande aux militants d’« occuper et d’exploiter tous les espaces qui seront ouverts dans le cadre de la campagne électorale où nous y serons en force pour imposer un discours politique différent basé sur un dialogue qualitatif, sur l’éthique et sur le respect de l’autre ». Le premier secrétaire national du FFS a rappelé, dans ce sillage, que la compétition électorale d’avril prochain est la première que le FFS mènera sans son charismatique chef, leader spirituel et père fondateur, Hocine Aït Ahmed. Abdelmalek Bouchafa a saisi l’occasion pour appeler à « la préservation de l’unité nationale [qui] ne peut se faire sans la préservation des trois fondements de notre identité, à savoir l’amazighité, l’arabité et l’Islam ». Il n’en reste pas moins que « tamazight est le béton armé de l’unité nationale », précise-t-il. « Nous avons toujours rejeté sa folklorisation ou sa limitation dans un cadre géographique précis. Notre approche sur cette question s’inscrit dans le cadre d’une approche nationale globale et démocratique sur un Etat algérien où tamazight jouera un rôle fondamental aux côtés de l’arabe et de l’Islam », dit-il. Le même jour, mais à Aïn Defla, le membre de l’instance présidentielle du parti, Ali Laskri, a lui aussi estimé nécessaire de « justifier » la participation du FFS au prochain scrutin, affirmant qu’« elle répond à son souci de rendre espoir aux Algériens et d’amener les gouvernants à aller vers la mise en place d’un consensus national en tous points de vue ». S’exprimant en marge de la cérémonie d’installation de la section du parti de la commune de Aïn Defla, M. Laskri a estimé que la participation à ces élections peut contribuer à changer la « vision des citoyens de la chose politique », signalant que la cohésion sociale et la sécurité du pays constituent, entres autres, les fondements sur lesquels s’appuie le FFS dans sa démarche. « D’aucuns nous ont interpellé pour nous demander de leur expliquer les mobiles de la décision prise au sujet de notre participation aux prochaines élections législatives », a indiqué M. Laskri, précisant que la réponse a trait au « souci du parti de créer une dynamique visant le changement à même d’instaurer les libertés démocratiques et la justice sociale ». Pour Ali Laskri, le déploiement de représentants du parti sur le terrain, avant et pendant la prochaine campagne électorale, constituera une opportunité pour expliquer sa démarche dans le règlement des problèmes vécus par le pays, estimant, toutefois, que les élections « ne constituent pas en elles-mêmes la solution au marasme » vécu par le pays.