Deux jours après avoir tenu sa conférence nationale d’Audit, ultime étape statutaire avant le 6e Congrès ordinaire du parti prévu les 08, 09 et 10 décembre 2022 à Alger, le Front des forces socialistes (FFS) s’est exprimé hier, par la voix de son premier secrétaire, Youcef Aouchiche, sur ce rendez-vous organique ainsi que sur d’autres sujets d’actualité nationale et internationale.

PAR NAZIM BRAHIMI
En ce qui concerne le congrès, les préparatifs semblent avoir avancé contrairement à sa date initiale, au mois de septembre dernier, quand la direction a été contrainte à son report. Mettant en avant son «optimisme» pour que le congrès soit «une grande réussite», Youcef Aouchiche a indiqué que le mode de collégialité de la direction du parti sera maintenu à l’occasion de prochaines assises. «Il est vrai que nous avons vécu des crises et des difficultés, peut-être liées au mode de gestion adopté lors du congrès de 2013, aux textes pas suffisamment clairs. Mais, aujourd’hui, s’il y a une question qui fait consensus entre les militants, c’est la question de la collégialité», a répondu M. Aouchiche dont le parti n’a pas jugé judicieux de passer à un autre mode d’organisation en dépit des tensions et malentendus qui ont traversé sa direction.
Tout en rappelant que même du vivant du président du parti, feu Hocine Aït Ahmed, «le fonctionnement était collégial dans le sens où il se referait toujours à ses camarades en demandant l’avis de ses conseillers et des instances», le conférencier a écarté l’éventualité de voir le vieux parti de l’opposition abandonner le principe de la direction collégiale.
«Pour nous, la collégialité est un acquis à sauvegarder, un moteur sur lequel nous allons nous appuyer pour développer le parti, le sauvegarder et le pérenniser», a affirmé M. Aouchiche, lequel a ajouté que ce rendez-vous se tient dans «un climat de sérénité» qui permettra «le retour à la légitimité au sein du FFS qui retrouvera légalité et stabilité».
En ce qui concerne les congressistes, l’intervenant a déclaré qu’il a été mis en œuvre une stratégie qui «va nous permettre de procéder à l’élection des délégués au niveau de toutes les sections», précisant qu’au niveau de la CPCN, «un prorata a été arrêté quant aux modalités de représentation».
Il a indiqué, par la même occasion, que la CPCN devra tenir une réunion pour «arrêter le calendrier» des assemblées générales électives qui interviendront après la prochaine session du Conseil national prévu vendredi 11 novembre, relevant que plus de 1000 congressistes sont attendus à l’occasion des prochaines assises du parti.
«Il s’agira d’opter lors du prochain congrès pour un mode d’organisation qui permette une vraie ouverture sur la société et l’institutionnalisation de mécanismes de fonctionnement démocratique qui préservent l’autonomie du parti en empêchant toute forme de dérives personnelles ou claniques», avait affirmé, un peu plus tôt, M. Aouchiche dans sa déclaration liminaire.
«Sur le plan politique, notre analyse de la situation nationale, régionale et internationale nous interpelle et nous impose de redoubler d’efforts dans notre quête d’un changement dans notre pays, et ainsi être en mesure d’affronter les transformations géostratégiques et économiques en cours qui visent l’affaiblissement, voire le démantèlement des États», a-t-il souligné. Le responsable du FFS a considéré que «le contexte actuel reste difficile. Le champ politique est toujours verrouillé, et tout discours contradictoire étouffé. Cela fait le jeu des aventuriers de tous bords qui ont intérêt à entretenir la dépolitisation de la société, empêchant ainsi l’implication des Algériens dans la gestion des affaires publiques».
Pour M. Aouchiche, «le volontarisme affiché ne peut suffire à redresser politiquement et économiquement la situation, si le blocus politique et sécuritaire imposé au pays n’est pas levée», affirmant que «seule une société libre et organisée peut favoriser une gouvernance politiquement efficiente». Dans ses réponses aux questions des journalistes, le conférencier a appelé à la «libération immédiate et sans conditions des détenus d’opinion», estimant que «la gestion ultra-sécuritaire des affaires de l’Etat ne permettra pas à l’Algérie de se développer, de se moderniser, ni au pays de se démocratiser ou d’asseoir le changement escompté et attendu par des millions de compatriotes».
Le premier secrétaire du FFS a appelé dans ce sens à ce que «toutes les personnes poursuivies pour leurs opinions soient libérées et dans les plus brefs délais possibles». <