Afin de marquer la célébration du déclenchement de la Révolution, les responsables du Front des forces socialistes (FFS) se sont rendus dans la wilaya de Jijel où une rencontre populaire a eu lieu.

Dans son intervention, Mohamed Hadj Djilani, premier secrétaire national du FFS, a souligné que «le pouvoir empêche les Algériens de demander et d’exiger leurs droits». Dans sa critique du régime politique, Hadj Djilani n’a pas lésiné sur les mots pour accuser les gouvernants d’être «responsables» de la crise «de confiance» entre eux et les citoyens. «Ils n’ont qu’un seul souci, perdurer au pouvoir», a-t-il encore dit, dénonçant, au passage «la corruption, la répression, les passe-droits et les injustices». «Le pouvoir veut tout accaparer, à commencer par le Parlement, la presse, la justice, faire taire la société civile à travers les intimidations, les pressions, les procès en justice et les licenciements abusifs», a-t-il souligné. Il considère que ces pratiques renseignent sur le fait que «ce pouvoir veut exclure définitivement le peuple dans les prises de décisions» en imposant «la politique de la fuite en avant, du fait accompli, de la carotte et du bâton». Hadj Djilani a ajouté que le FFS «dénonce le non-respect des droits de l’Homme et les atteintes répétées aux libertés, notamment des militants associatifs et des journalistes». «Ces pratiques sont celles de dictateurs que notre pouvoir a adoptées derrière de faux slogans nationalistes pour tromper l’opinion», a encore déclaré le premier secrétaire du FFS, précisant que «nous sommes actuellement face à un pouvoir qui oppose la force à la force politique». Concernant la dernière crise qui a secoué l’Assemblée nationale, Hadj Djilani a estimé qu’elle entre dans les tentatives du pouvoir «de soumettre le pouvoir législatif», et ce, après avoir «soumis le pouvoir judiciaire». «Les échecs de ce système politique hypothétique l’avenir du pays, celui de cette génération et celles à venir», a-t-il mis en garde. Expliquant que «le flou qui caractérise la vie politique nationale et le vœu du pouvoir de maintenir le statu quo en sont la preuve». Concernant les positions de son parti, l’hôte de Jijel a rappelé que le plus vieux parti de l’opposition «a choisi son camp», qui est celui «du peuple, source de toutes les légitimités». «Notre camp est celui du changement, celui des militants des droits de l’Homme, des journalistes, des syndicalistes, des militants associatifs…, qui luttent chaque jour pour un Etat de droit, pour la démocratie et la liberté.» Par ailleurs, Mohamed Hadj Djilani a plaidé pour la nécessité de mettre sur pied «une Assemblée constituante», seule à même de «résoudre la crise multidimensionnelle que traverse le pays et promouvoir un consensus national». Il a informé que Jijel n’est qu’une halte dans une série de rencontres avec les citoyens à travers plusieurs autres wilayas.