Par Nadir Kadi
Le secrétaire national du FFS, Youcef Aouchiche, a estimé vendredi, lors de la «Conférence nationale des élus du FFS», que les dernières élections législatives étaient un «échec». Le responsable, à la tête d’un parti ayant fait le choix du «boycott», explique que le scrutin du 12 juin reflète la «logique du passage en force et le refus absolu de toute solution politique en mesure d’ouvrir de nouveaux horizons pour le pays». Le résultat, pour Youcef Aouchiche, faisant référence au taux de participation marqué par une «abstention record» est «sans surprise (…) un nouvel échec et une nouvelle désaffection populaire». Et dans cette logique, le FFS a appelé à l’ouverture «sans tarder d’un dialogue national inclusif», afin de «construire», estime le responsable, «un projet politique capable de consacrer la souveraineté populaire et nationale et renforcer l’unité, l’intégrité territoriale et la cohésion de notre nation».
Le parti politique, dans cette optique de dialogue, appelle le gouvernement à faire son «mea culpa» : «Il n’y a pas de mal de s’arrêter un moment, observer une halte, faire son mea culpa et tirer les leçons des échecs à répétition que le pouvoir fait subir au pays.» Le résultat des législatives, et plus globalement l’action politique depuis le 22 février 2019, est, en effet, qualifié par le responsable du FFS de «réaménagement juridique et institutionnel en vue de maintenir ou de restaurer l’ordre autoritaire» ou encore de «passage en force». «Malheureusement, au lieu d’écouter la voix du peuple et de la raison, le pouvoir a cédé à ses vieux réflexes autoritaires et préféré le passage en force (…) L‘Algérie nouvelle’ promise, en grande pompe, semble, se calquer cruellement sur celle d’avant la révolution citoyenne du 22 février. Ce qui suscite interrogations et inquiétude chez nos concitoyens et sape leur moral.»
Les «Algériennes et les Algériens ont, dans leur écrasante majorité, tourné le dos à ce scrutin, assénant un coup dur au pouvoir», estime le secrétaire général du FFS, très critique, qui perçoit carrément «un rejet catégorique du système et de sa feuille de route politique et institutionnelle unilatérale». Le taux d’abstention exprimait clairement une aspiration populaire profonde et inébranlable pour le changement et l’instauration d’un Etat de droit, démocratique et social dans le pays. Et la solution pour le FFS serait la tenue d’une «Convention politique» pour amorcer une «sortie de crise de façon pacifique, démocratique et ordonnée». Youcef Aouchiche ajoute : «Nous demeurons convaincus que seul un dialogue politique permettra à notre pays de retrouver la voie de la reconstruction d’un Etat légitime (…) Le FFS a, dans ce cadre, un rôle majeur à jouer».
Secrétaire général du FFS, dont l’intervention à l’occasion de la «Conférence nationale des élus» du parti, organisée sur trois jours dans la commune de Souk El Ténine (Béjaïa), avait également pour but de resserrer les rangs du mouvement. «Une occasion pour débattre et échanger sur la situation du pays (…) d’observer une halte pour faire le bilan et évaluer nos différentes actions afin de pouvoir nous projeter sereinement dans l’avenir», a déclaré Youcef Aouchiche. Il a également été précisé à cette occasion que le FFS continuerait à axer son action sur le terrain «local» : «Etre au plus près de nos concitoyens, partager leurs souffrances et leur combat, les accompagner et répondre un tant soit peu à leurs attentes et partager leurs espoirs, c’est le socle sur lequel est fondé notre parti.» Une déclaration qui pourrait être interprétée comme la marque d’une participation du FFS aux prochaines élections locales, prévues avant la fin de l’année. «C’est dans cette optique que notre présence dans les assemblées locales trouve tout son sens. Et c’est pour cette raison que notre parti a toujours fait de sa présence dans les assemblées locales un axe stratégique», ajoute Youcef Aouchiche. n