Par Nadir Kadi
Le premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS) a exprimé, hier, le point de vue du parti quant à la «situation politique du pays». Youcef Aouchiche, qui intervenait en marge de la «session ordinaire du conseil national convoqué par l’instance présidentielle du FFS», a en ce sens précisé que le pays était en «crise» multiforme ; appelant à la concrétisation d’un «Etat uni dans sa diversité culturelle et intellectuelle. Et dans le cadre maghrébin comme l’ont voulu les pères fondateurs de notre mouvement». Le responsable, qui a en fait savoir hier que malgré son boycott des législatives, le FFS multiplierait sa présence sur la scène politique, a par ailleurs rendu hommage au «printemps berbère» de 1980. Youcef Aouchiche y voyant la marque de «la lutte du peuple algérien pour la reconnaissance de son identité historique» face aux tentatives «d’effacement et de suppression systématique» entreprises par «un régime qui a voulu imposer sa vision unique tout au long de son règne». Le responsable du FFS ajoute dans la logique de son intervention : «Je sais que la meilleure reconnaissance que nous pouvons rendre aux âmes qui sont tombées durant cette lutte est de continuer la lutte pour la réalisation d’un Etat de droit et de loi». Le responsable rappelle ainsi que les prochains mois seront cruciaux pour le Parti, en soulignant que «l’instance présidentielle du parti» a appelé à la tenue du 6e congrès national ordinaire durant la dernière semaine du mois de septembre de l’année en cours. La «réussite» de cette échéance nécessite, selon Youcef Aouchiche, «de resserrer les rangs, la mobilisation de tous et la multiplication des efforts. Notre parti en fera un événement charnière et une occasion de présenter les solutions à la crise nationale». A ce titre, évoquant les situations nationale et régionale, le premier secrétaire du FFS souligne que «la scène politique internationale est instable (…) Il y a une montée de tensions dans toutes les régions du globe, surtout que le monde se transforme petit à petit d’un modèle unilatéral en un modèle multilatéral». Et plus concrètement, en revenant au niveau régional, Youcef Aouchiche déclare que «l’Algérie fait face à toutes sortes de dangers au travers desquels se multiplient les tentatives d’interventions étrangères qui menacent la sécurité et la souveraineté nationales».
Quant à la lecture du responsable du FFS de à la situation politique intérieure, Youcef Aouchiche déclare : «Le pouvoir continue son plan unilatéral, finalise son agenda électoral avec le recyclage des anciens moyens de gouvernance sans tenir compte des attentes populaires qui veulent la liberté, la justice, l’honneur et des lendemains meilleurs». Ainsi, «au lieu du dialogue» le pouvoir aurait choisi, estime Youcef Aouchiche, de recourir à la «répression» en plus de «faire taire les voix dissonantes et porter atteinte aux libertés (…) C’est cela qui alimente l’extrémisme et éloigne la solution consensuelle». Abordant par ailleurs les situations économique et sociale, qu’il estime «naturellement» liées «à la crise politique», Youcef Aouchiche déclare que l’Algérie vit une nouvelle crise monétaire et économique face à laquelle «le gouvernement répond avec des solutions floue non appropriées (…) et dont la première victime est le peuple».
Et la véritable «solution» pour le FFS reste «le dialogue national qui réunit toutes les forces vives du pays pour reconstruire la majorité nationale qui dessinera une feuille de route claire». En ce sens, évoquant entre les lignes la récente décision du FFS de «boycotter» les législatives du 12 juin, Youcef Aouchiche déclare «quelles que soient nos décisions, nous n’abandonnons jamais notre responsabilité historique et nationale (…) Nous sommes l’extension naturelle du mouvement national». Intervention du premier responsable du FFS et «congrès national» qui avait également pour objectif d’aborder l’avenir du parti, Youcef Aouchiche a ainsi fait savoir que le FFS a installé «30 commissions administratives fédérales au niveau national (…) Je compte sur vous et sur chacune des commissions pour s’engager dans le processus de restructuration et travailler avec morale et abnégation».
Des nouvelles instances qui devront participer à la «restructuration» du parti. Une démarche «ouverte» à la participation de tous les militants, explique Youcef Aouchiche, avant de mettre en garde : «Nous ne pardonnerons plus les dépassements répétés et qui dépassent la critique politique et tombent dans la faute morale (…) Tout le monde sera mis face à ses responsabilités comme le stipule la loi fondamentale et le règlement intérieur du parti». <