Le Front des forces socialistes (FFS) a tenu, hier, le congrès de la fédération d’Alger, qui rentre dans le processus de renouvellement des mandats de ses structures locales, alors que le cap est maintenu sur le rendez-vous électoral du 4 mai prochain.

C’était là le principal message adressé par Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle du FFS à l’ouverture du congrès, appelant les cadres du parti à « préparer notre organisation à affronter les échéances à venir pour faire valoir nos idées, nos propositions de sortie de crise et notre projet de reconstruction d’un consensus national ». Et dans ses propos remonte la situation interne que traverse le parti depuis qu’il a annoncé sa volonté de prendre part aux élections législatives, faites de dissidence et de « purges » dans ses structures nationales. En des termes sibyllins, M. Laskri invite les militants à «ne pas s’égarer» ni à « céder aux facilités du moment ». Pour sa part, le secrétaire national du FFS, Abdelmalek Bouchafa, a considéré le «renouvellement et le renforcement des structures locales comme la pierre angulaire à même d’assurer une gouvernance démocratique et transparente du parti ». Un congrès à l’issue duquel a été nommé Salah Mansour Mohand Amokrane dit Hadj au poste de premier secrétaire fédéral d’Alger. Au même titre que la fédération d’Alger, ce sont également 17 autres qui sont en cours de restructuration. Le plus vieux parti de l’opposition a engagé un large remaniement de ses structures nationales, une œuvre qui ne vise rien de moins que de mettre en minorité les partisans du boycott. Cette opération vise à remplacer les éléments du parti, même s’il s’agit de cadres dirigeants, avec du sang neuf, explique, sous le sceau de l’anonymat, un cadre dirigeant du FFS. Notre source affirme que parmi les 17 fédérations, figurent la puissante fédération de Béjaïa, celles d’Oran, de Blida et de Khenchela, dont le congrès s’est déroulé le week-end dernier. Toutefois, l’opération ne se déroule pas toujours sereinement. C’est ainsi le cas du congrès de la fédération FFS de Bouira, qui a été émaillé par de violentes invectives et un passage aux mains entre congressistes. Et pour cause, pour beaucoup de militants ou sympathisants du parti, la participation aux élections législatives est considérée comme une caution accordée au pouvoir en place, alors que certains y voient carrément une trahison. Cependant, la course à la députation fait rage. Rien que pour Tipasa, évincés de la liste de candidatures, des militants et même d’ex-responsables locaux ont opté pour des listes indépendantes. Pour rappel, la fédération de Tipasa est également concernée par l’opération de restructuration et de redéploiement. Il faut dire que l’ancienne équipe n’a pas donné satisfaction puisqu’elle a à peine raflé 1% de voix lors des législatives de 2012. Des voix à l’intérieur du parti sont d’avis que le coordinateur par intérim, en poste depuis 2007 alors que les statuts du parti fixent la durée d’un intérimaire à 3 ans seulement, devrait céder sa place à des éléments plus dynamiques et plus compétents. On accuse même ce coordinateur d’avoir fait le vide autour de lui, et avoir plongé la fédération locale dans la léthargie. «Le coordinateur actuel de la fédération FFS de Tipasa a fait appel à des gens non convaincus par les idéaux du parti et qui, une fois élus, se sont empressés de rejoindre les partis de la majorité. En ce moment, ce coordinateur tente de manipuler et de composer la liste des candidatures à sa guise», s’indigne notre source.