Par Nadir Kadi
Les efforts se poursuivent pour éteindre les incendies déclarés dans les forêts d’Ain Mimoune, Chélia et Bouhmama dans la wilaya de Khenchela pour le 7e jour consécutif, a-t-on indiqué samedi auprès de la direction locale de la Protection civile. Le directeur de wilaya de la Protection civile, le lieutenant-colonel, Abdelmalek Boubertakh, a assuré à l’APS que les équipes concernées, intervenant pour circonscrire les foyers d’incendies déclarés dans les forêts de la wilaya, déploient de gros efforts pour achever l’extinction totale des flammes durant les prochaines heures. La situation est en grande partie sous contrôle, a affirmé le même responsable qui a souligné que l’incendie de la forêt située à Oued Tamza, près de l’intersection vers Bouhmama a été éteint hier matin. M. Boubertakh a indiqué, en outre, que les agents de la Protection civile et des forêts, assistés par les éléments de l’Armée nationale populaire et de citoyens bénévoles, poursuivent l’extinction des feux des forêts de Soumaâ, Djebel Feraoun, El Haoudh, Touaguet et Djaârir dans les communes de Tamza, Chélia et Bouhmama qui constituent, a-t-il relevé, des «foyers sensibles» susceptibles de reprendre sous l’effet de la chaleur et du vent. Le directeur de wilaya de la Protection civile de Khenchela a refusé toutefois d’annoncer l’extinction définitive des incendies de forêts déclarés le 4 juillet courant, affirmant que cela «ne se fera qu’après l’extinction de la dernière braise dans ces forêts». Le même responsable a appelé, par ailleurs, les citoyens de la wilaya de Khenchela à «la vigilance et à signaler tout nouveau foyer d’incendie afin qu’il soit éteint dans les plus brefs délais et éviter un retour à la case de départ». La lutte contre les incendies de forêts dans les communes de Chélia, Tamza et Bouhmama de Khenchela qui se poursuivent pour le 7e jour consécutif, mobilisent 800 agents de la Protection civile relevant de 11 colonnes mobiles, 300 agents des forêts, des éléments de l’Armée nationale populaire, 140 travailleurs de l’Entreprise régionale de génie rural, des agents des collectivités locales et des centaines de bénévoles, a-t-on indiqué.
«Origine criminelle»
Vendredi, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, a publiquement évoqué une «origine criminelle» aux départs de feu. Et plus encore, l’action de pyromanes, en dénonçant des actes «volontaires et provoqués par des groupes criminels».
Le ministre, dont la visite sur le terrain a été mouvementée suite à un rassemblement d’habitants dénonçant notamment le «manque de moyens» déployés et la «lenteur» de la lutte contre les feux, a, par ailleurs, annoncé depuis Khenchela, que l’Etat allait «prochainement» faire l’acquisition «d’avions de lutte anti-incendie». Une déclaration qui confirme les précédentes indications du directeur de la Direction générale des forêts (DGF).
En effet, premier responsable du secteur de l’Intérieur qui fait savoir qu’un «cahier des charges a été élaboré à cet égard et nous sommes en contact avec des sociétés internationales activant dans ce domaine». Kamel Beldjoud, sans donner plus d’informations quant aux modèles choisis ou aux délais de réception des appareils, a simplement indiqué, en marge d’une «inspection» du centre de commandement de la Protection civile, installé à Bouhmama, que «les moyens existent et ces avions seront disponibles dans le pays dès que les fournisseurs les livreront».
Une déclaration qui marque une rupture dans la doctrine de lutte anti-incendie qui a longtemps privilégié les «moyens terrestres», et qui confirme les indications du Directeur de la DGF, Ali Mahmoudi. Ce dernier avait annoncé, le 21 juin dernier, qu’une négociation était en cours avec un fabricant américain pour «l’achat ou la location» de petits bombardiers d’eau.
Incendies qui suscitent depuis une semaine – et quelle que soit leur origine – la colère des habitants et des agriculteurs de la wilaya de Khenchela. Quant au bilan des incendies, il reste encore «provisoire» mais fait état de six blessés parmi les agents de la Protection civile et les volontaires, notamment des victimes d’intoxication par les fumées ou de fractures lors de chutes, avait indiqué jeudi un communiqué de la Direction locale de la Protection civile. Les pertes du patrimoine forestier ont pour leur part été revues à la hausse avec la destruction de «2 500 hectares de surfaces forestières (…) ravagées par les flammes», selon le ministre de l’Intérieur. n